Actualisé 24.03.2016 à 21:09

Attentats de BruxellesMea culpa des autorités belges, l'enquête avance

Les trois kamikazes identifiés sont directement liés à ceux de Paris. Les failles dans la lutte antiterroriste belge apparaissaient.

1 / 116
Deux semaines après les attentats meurtriers qui ont visé l'aéroport et le métro de Bruxelles, soixante-six blessés sont toujours hospitalisés, dont trente-sept aux soins intensifs. (Lundi 4 avril 2016)

Deux semaines après les attentats meurtriers qui ont visé l'aéroport et le métro de Bruxelles, soixante-six blessés sont toujours hospitalisés, dont trente-sept aux soins intensifs. (Lundi 4 avril 2016)

Keystone/EPA
Une quarantaine de vols sous haute surveillance sont prévus au départ et à l'arrivée de l'aéroport international de Bruxelles. (Lundi 4 avril 2016)

Une quarantaine de vols sous haute surveillance sont prévus au départ et à l'arrivée de l'aéroport international de Bruxelles. (Lundi 4 avril 2016)

AFP
Un premier avion a décollé à l'aéroport de Bruxelles depuis les attentats, tout un symbole. (Dimanche 3 mars 2016)

Un premier avion a décollé à l'aéroport de Bruxelles depuis les attentats, tout un symbole. (Dimanche 3 mars 2016)

AFP

Le gouvernement belge a reconnu jeudi des «erreurs» dans la lutte contre le terrorisme, refusant toutefois la démission de deux de ses ministres. Ce troisième jour de deuil a été marqué par un sombre hommage solennel aux victimes des attentats de Bruxelles.

Le Premier ministre Charles Michel, qui a promis «toute la lumière» sur les attaques de mardi, a toutefois refusé la démission des ministres de l'Intérieur et de la Justice, Jan Jambon et Koen Geens, sous pression, après avoir admis des «erreurs» dans la lutte antiterroriste.

«Il ne pourra pas y avoir d'impunité (...) Il ne pourra pas y avoir de zones d'ombre», a insisté M. Michel, après les attaques kamikazes qui ont fait 31 morts et 300 blessés, selon un bilan provisoire.

Dans un rare symbole d'unité pour un royaume si souvent tiraillé entre Flamands et francophones, le couple royal ainsi que les représentants des différents gouvernements et parlements du royaume, ont honoré les victimes. A 14h30, la Belgique s'est figée pour une nouvelle minute de silence.

Registre européen

A l'ouverture d'une réunion d'urgence des ministres de l'Intérieur et de la Justice de l'UE - à laquelle l'ambassadeur de la Suisse auprès de l'UE Robert Balzaretti a participé - le vice-président de la Commission Frans Timmermans a estimé qu'au-delà des attentats de Bruxelles, «il y a une occasion pour les services de renseignements de travailler plus étroitement qu'ils ne le font».

Car, au-delà des hommages, de l'angoisse et des larmes, les questions et les critiques parfois virulentes se multipliaient face à l'incapacité manifeste des Belges, et au-delà des Européens, à se protéger.

Ainsi le président français François Hollande a exhorté «fermement» l'UE à agir contre le terrorisme en adoptant rapidement le registre européen de passagers aériens (PNR) et des mesures contre le trafic d'armes.

Depuis mardi, plusieurs responsables politiques français ont mis en cause les services de sécurité belges. Le ministre des Finances Michel Sapin avait ainsi évoqué une «forme de naïveté» belge face à la radicalisation islamiste et au communautarisme dans certains quartiers. «Il y a eu des erreurs à la Justice et avec l'officier de liaison (belge) en Turquie», a reconnu le ministre de l'Intérieur, Jan Jambon.

Kamikazes identifiés

Le Belge Ibrahim El Bakraoui, qui s'est fait exploser mardi à l'aéroport de Bruxelles, avait été intercepté en juillet par la Turquie à la frontière syrienne puis expulsé vers les Pays-Bas, sans réaction apparente des autorités belges.

MM. Jambon et Geens, avec leur collègue des Affaires étrangères Didier Reynders, seront auditionnés vendredi après-midi par des députés réunis en commission pour s'expliquer sur ce raté.

Pour autant, l'enquête sur les pires attentats terroristes jamais commis en Belgique progresse. Il est désormais établi que les trois kamikazes identifiés sur les sites des attentats -l'aéroport international de Bruxelles et la station de métro de Maelbeek - sont directement liés aux attentats de Paris (130 morts).

Recherché dans le cadre de Paris

Selon le parquet fédéral belge, le frère d'Ibrahim, Khalid El Bakraoui, qui lui s'est fait sauter dans le métro, était recherché dans l'enquête sur les attaques de Paris pour avoir loué sous un faux nom un logement à Charleroi utilisé par certains assaillants du 13 novembre.

Il aurait eu des contacts en mai avec un ancien complice après une condamnation pour des faits de droit commun et sa remise en liberté conditionnelle. Un procureur a considéré que cela ne justifiait pas son retour en prison, écrit jeudi le quotidien De Morgen.

Quant au troisième kamikaze, Najim Laachraoui, dont des restes ont été identifiés à l'aéroport, il était recherché depuis que son ADN avait été trouvé dans plusieurs habitations louées par les commandos des attentats de Paris, ainsi que sur du matériel explosif utilisé lors de ces attaques, également revendiquées par l'EI.

Par ailleurs, deux suspects non identifiés sont en fuite et «activement recherchés».

Recherches d'identités

L'identification des 31 morts, selon un bilan toujours provisoire, s'avère très difficile. Seuls quatre d'entre eux ont pu être nommés jusqu'ici.

Sur les 300 blessés, 150 sont toujours hospitalisés, dont 61 en soins intensifs. Quatre des personnes hospitalisées, dans le coma, n'ont pas encore été identifiées, selon le ministère de la Santé.

Une page Facebook intitulée «Recherche Bruxelles» a été ouverte pour partager des informations sur les personnes portées disparues.

Aéroport fermé

L'identification des 31 morts, selon un bilan toujours provisoire, s'avère très difficile. Seuls quatre d'entre eux ont pu être nommés jusqu'ici.

Sur les 300 blessés, 150 sont toujours hospitalisés, dont 61 en soins intensifs. Quatre des personnes hospitalisées, dans le coma, n'ont pas encore été identifiées, selon le ministère de la Santé. A la place de la Bourse, les messages d'amour et de soutien se multipliaient.

L'aéroport restera par ailleurs fermé au trafic voyageurs jusqu'à dimanche inclus. (nxp/ats)

Le niveau de la menace terroriste abaissé d'un cran

Le niveau d'alerte antiterroriste en Belgique, relevé à la catégorie maximale dans l'heure qui a suivi les attentats de Bruxelles mardi, a été abaissé jeudi soir à trois sur une échelle de quatre, a déclaré le ministre de l'Intérieur Jan Jambon. L'organisme qui s'occupe de l'évaluation de la menace et définit le niveau d'alerte antiterroriste en Belgique, l'Ocam, «a proposé et décidé de baisser le niveau à trois» a affirmé M. Jambon sur la télévision privée belge RTL.

Le niveau trois, correspondant à une menace «possible et vraisemblable», continue d'avoir toute une série d'implications sur la mobilisation et la vigilance des forces de l'ordre.

L'Ocam avait relevé le niveau d'alerte à quatre pour l'ensemble du pays, correspondant à une menace «sérieuse et imminente», dans l'heure ayant suivi les attentats, qui ont fait au moins 31 morts et 300 blessés à l'aéroport international de Bruxelles-Zaventem et dans une rame de métro mardi matin.

La ville de Bruxelles était déjà passée au niveau 4 le 21 novembre, en pleine traque d'un des suspects clés des attentats de Paris, Salah Abdeslam, entraînant pendant cinq jours la fermeture des transports en commun, commerces et écoles.

Le niveau était ensuite redescendu à trois, mais les autorités avaient maintenu le déploiement de centaines de militaires pour surveiller des bâtiments sensibles sur l'ensemble du territoire.

(NewsXpress)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!