Médecins romands favorables à l'aide au suicide
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Médecins romands favorables à l'aide au suicide

La moitié des médecins romands confrontés à une demande d'assistance au suicide l'ont acceptée, révèle une enquête menée auprès de 1650 d'entre eux. 60 % sont favorables à une telle aide dans les hôpitaux.

En outre, 62 % sont favorables à une telle aide dans les EMS, sur la base de critères stricts.

Au total, 2589 généralistes, internistes, gériatres, oncologues et gynécologues ont été sollicités en 2006 pour la recherche publiée mercredi par la Revue médicale suisse. Et 63,7 % ont répondu au questionnaire. Parmi eux, un tiers ont été confrontés à une demande d'aide au suicide. Oncologues et gériatres sont les spécialistes les plus sollicités.

Lors de demandes, 50,3 % des médecins ont répondu favorablement à la demande, contre 49,7 % qui l'ont rejetée. Les praticiens ayant dit «oui» ont souvent demandé l'appui de l'association d'aide au suicide Exit pour les soutenir dans cette démarche, écrit la revue.

Cas d'aide sans Exit

Toutefois, 103 médecins ont déclaré avoir pratiqué eux-mêmes une ou plusieurs assistances au suicide, dont 41 sur territoire vaudois et 37 à Genève. Les médecins légistes genevois s'en étonnent, précise la revue, car ils n'ont pas eu connaissance du caractère non naturel des décès concernés. Selon la législation en vigueur, les médecins qui ont constaté la mort dans ces cas-là auraient dû les informer de l'aide au suicide pratiquée.

Dans leur majorité, les médecins qui n'ont pas été confrontés à un telle demande (deux tiers des praticiens interrogés) ne s'imaginent en revanche pas l'accepter le cas échéant: 58,6 % d'entre eux s'y refuseraient, contre 41,4 % qui y donneraient suite. Dans l'ensemble, la religion n'influence la position des médecins en la matière que pour moins d'un cinquième d'entre eux.

Sur les questionnaires retournés, 39 % provenaient du canton de Vaud, 29 % de Genève, 10 % du Valais, 9,5 % de Neuchâtel, 9 % de Fribourg et 3 % du Jura. Le CHUV à Lausanne et les HUG à Genève ont accepté en 2006 la pratique de l'assistance au suicide pour autant que le patient demandeur réponde à certains critères stricts. (ats)

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