Actualisé 06.08.2008 à 19:59

Médiation: Micheline Calmy-Rey se rend à Bogota

Micheline Calmy-Rey entame dimanche une visite en Colombie et au Brésil. Les critiques de Bogota contre la médiation suisse dans le dossier des otages des FARC sont source de tensions.

Le procureur général colombien a accusé le médiateur suisse Jean- Pierre Gontard d'avoir remis personnellement 500 000 dollars aux Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) pour la libération de deux employés de Novartis en 2001. Tant M. Gontard que le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) ont démenti formellement.

Après la libération de quinze otages de la guérilla marxiste, dont la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, le gouvernement colombien a annoncé à la mi-juillet qu'il n'avait pas confiance dans les émissaires français et suisse et qu'il allait tenter d'établir un contact direct avec les dirigeants de la guérilla.

Rencontre avec Alvaro Uribe

La visite de la cheffe du DFAE commencera lundi par une rencontre avec le président Alvaro Uribe. Le ministre colombien des affaires étrangères Jaime Bermúdez sera également présent.

Le but est d'entretenir et de développer les relations bilatérales, a indiqué de manière laconique le DFAE à l'ATS. Les célébrations du 100e anniversaire du traité d'amitié entre la Suisse et la Colombie seront le point fort de passage de la ministre suisse à Bogota.

Le président de la Commission de politique extérieure (CPE) du Conseil national Geri Müller (Verts/AG) est plus explicite. Il s'agira de dissiper les «bruits parasites» qui ont accompagné la libération des otages et de replacer au premier plan les aspects positifs des relations entre les deux pays, a affirmé le conseiller national à l'ATS.

Emblème du CICR

L'utilisation abusive de l'emblème du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) par l'armée colombienne lors de l'opération de libération d'Ingrid Betancourt sera certainement aussi abordée. Selon des images diffusées cette semaine par la télévision colombienne, un soldat aurait «délibéremment» arboré l'emblème, ce qui contredit les déclarations de M. Uribe.

Selon les Conventions de Genève, l'emblème est protégé et ne peut être utilisé que par le CICR. Etat dépositaire des Conventions de Genève, la Suisse a le devoir de s'engager à ce qu'elles soient respectées.

La Colombie fait partie des pays prioritaires de l'aide humanitaire et des activités de promotion de la paix de la Suisse. En ce sens, Mme Calmy-Rey se rendra à Medellín au 2e jour de séjour pour visiter divers projets soutenus par la Suisse.

Le conflit en Colombie dure depuis des décennies et il a provoqué le déplacement de quelques trois millions de personnes à l'intérieur du pays. La Direction du développement et de la coopération (DDC) veut en priorité atténuer la détresse de ces personnes.

Seconde étape, le Brésil

Au cours des dernières années, les relations commerciales entre la Suisse et la Colombie se sont développées, mais elles restent à un faible niveau. Elles devraient être stimulées par un accord de libre-échange entre la Colombie et l'AELE, signé en juin.

Les échanges sont bien plus dynamiques entre la Suisse et le Brésil, seconde étape du voyage de Mme Calmy-Rey. L'an dernier, les exportations suisses à destination de ce pays émergent ont atteint 1,9 milliard de francs et les importations un milliard de francs. Le Brésil est ainsi le partenaire commercial le plus important de la Suisse sur le continent sud-américain.

Dans ce pays, Mme Calmy-Rey veut créer un cadre pour des consultations politiques régulières. A cette fin, elle doit signer jeudi à Brasilia un protocole d'entente en compagnie du ministre brésilien des affaires étrangères Celso Amorim.

La conseillère fédérale se rendra également à Sao Paulo où elle rencontrera des Suisses de l'étranger et des représentants de l'industrie suisse. Elle sera de retour en Suisse le 16 août. (ats)

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