Actualisé 26.09.2018 à 04:49

Pharma

Médicament contre l'hépatite suspendu au Brésil

Un traitement pour soigner l'hépatite C, jugé très onéreux, est suspendu par la justice brésilienne.

Médicament Sovaldi contre l'hépatite C.

Médicament Sovaldi contre l'hépatite C.

Keystone/archive/photo d'illustration

La justice brésilienne a décidé de suspendre le brevet pour le sofosbuvir du laboratoire américain Gilead Sciences, un traitement efficace mais très coûteux contre l'hépatite C qui crée également des polémiques en Europe.

La requête de suspension avait été faite par Marina Silva, candidate écologiste à l'élection présidentielle qui se tient le mois prochain au Brésil.

Un juge de première instance de Brasilia, Rolando Valcir Spanholo, a estimé, qu'en octroyant la semaine dernière le brevet au groupe américain, l'Institut national de propriété intellectuelle (Inpi) avait agi au détriment de «son obligation constitutionnelle de veiller à la souveraineté nationale et à l'intérêt public».

Le magistrat met en avant l'énorme coût du médicament et le risque pour les quelque 700'000 Brésiliens «qui sont actuellement infectés et ne disposent pas de conditions financières» pour s'offrir le traitement.

«C'est une importante victoire pour la santé publique», s'est réjouie Marina Silva sur Twitter.

43'000 euros pour 12 semaines de soins

Selon le ministère brésilien de la Santé, le médicament générique contre l'hépatite C, utilisé dans le pays depuis 2015, coûte 5000 reais (environ 1180 francs) par patient alors que celui de Gilead atteint un montant des dizaines de fois supérieur.

En Europe, le prix du sofosbuvir, commercialisé sous le nom de Sovaldi, peut monter jusqu'à 43'000 euros pour 12 semaines de soins, selon les ONG qui dénoncent les pratiques du laboratoire américain.

A la mi-septembre, le brevet pour le sofosbuvir a été maintenu par l'Office européen des brevets (OEB) et les ONG qui le contestaient ont annoncé qu'elles allaient faire appel.

«Ce brevet illégitime permet à Gilead de profiter d'un monopole qui menace l'accès aux soins pour des milliers de personnes vivant avec l'hépatite C en Europe», avait alors dénoncé Médecins du monde, associé à la procédure d'appel aux côtés d'une trentaine d'organisations de 17 pays européens.

(nxp/ats)

(NewsXpress)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!