Genève: Mégots: directement de la bouche d'égout au Rhône
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GenèveMégots: directement de la bouche d'égout au Rhône

Pour la journée internationale de l'eau, le Département du territoire a invité la population à visiter un ouvrage d'évacuation souterrain.

par
mpo
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Les Genevois ont pu visiter quelques installations souterraines d'évacuation des eaux claires et usées.

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Les Genevois ont pu visiter quelques installations souterraines d'évacuation des eaux claires et usées.

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Parc Saint-Jean, vendredi après-midi. Le soleil radieux, invite à lézarder sur un banc, pourtant à côté d'une structure en béton et d'escaliers qui descendent sous terre, une douzaine de personnes s'apprêtent à plonger dans les égouts genevois.

Pour la Journée internationale de l'eau, le Département du territoire avait invité la population à visiter un ouvrage de la rive droite du Rhône. Objectif: se rendre compte de comment sont évacués nos déchets liquides (vaisselle, lessive, salle de bains ou toilettes) et de pluie.

Pour ce faire, la première partie de la visite se passe en extérieur. Là, une équipe de la Police de l'eau détaille son travail d'analyse et de surveillance des pollutions. Les visiteurs posent des questions, s'enquièrent notamment de l'état du lac. Les spécialistes rassurent, il est régulièrement inspecté et parfaitement propre à la baignade, sauf cas particulier et rares.

La pluie est directement évacuée dans le Rhône

Pour ce qui est des pollutions, il y a celles causées par de mauvais raccordements, les déchets ménagers finissent avec les eaux de pluie, et celles qui sont provoquées par négligence. «Un mégot jeté par terre, ce sont jusqu'à 500 litres d'eau pollués, précise Fiona Mueller, chargée de communication au Service de l'eau. La pluie étant directement évacuée dans le Rhône, le mégot suit le même chemin.»

Pour la démonstration, le contenu d'une bouche d'égout a été coloré en vert fluo. Sous terre, il sera possible de suivre son chemin. Le groupe s'engouffre donc dans les escaliers pour arriver, quelques mètres sous terre, a une grande salle bétonnée. En face, un énorme boyau s'enfonce dans le noir. Au fond, coule un ruisselet insignifiant, mais coloré de vert... l'eau de la bouche d'égout en surface!

L'odeur est pour le moins désagréable, un bruit de torrent empêche toute discussion à plus d'un mètre de distance. Sur la gauche, deux tubes, plus petits déversent les déchets des ménages. Le guide explique qu'on se trouve ici dans un déversoir d'eau de pluie. En clair, en amont, une partie des eaux claires et usées ne sont pas séparées. Ainsi en cas d'orage, pour éviter que les stations d'épuration ne soient saturées, si le niveau des déchets monte trop haut, alors le surplus rejoint le Rhône. «Vu son débit, le fleuve a la capacité de s'auto-nettoyer si la pollution n'est pas trop importante», rassure l'ingénieur qui conseille tout de même d'éviter de s'y baigner quelques heures après un fort épisode pluvieux.

Après une vingtaine de minutes, le groupe ressort enfin à l'air libre pour laisser la place aux prochains visiteurs, non sans attraper au passage un cendrier de poche à garder ou à distribuer. Fiona Mueller est satisfaite, les visites ont connu un grand succès. «L'idéal, serait de pouvoir les multiplier, notamment dans les écoles, afin de sensibiliser le public.»

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