26.08.2020 à 06:05

États-UnisMelania Trump fait l’éloge de son mari «Donald»

Prononcé depuis la Maison-Blanche, le discours de la Première dame des États-Unis a été le temps fort du deuxième jour de la convention républicaine.

Melania Trump, à côté du président américain Donald Trump, le mardi 25 août 2020 après son discours prononcé depuis les jardins de la Maison-Blanche.

Melania Trump, à côté du président américain Donald Trump, le mardi 25 août 2020 après son discours prononcé depuis les jardins de la Maison-Blanche.

AFP

La discrète Melania Trump était saluée mercredi pour avoir abordé les ravages de la pandémie de Covid-19 et la marque au fer rouge du racisme dans l’histoire des États-Unis, son discours de la veille offrant un rare moment d’empathie dans une convention républicaine marquée par un ton abrasif.

Un discours à «donner le vertige» a jugé David Axelrod, ancien conseiller très proche de Barack Obama.

«Exact opposé»

Entendre la Première dame des États-Unis «reconnaître la dévastation du Covid-19, l’injustice raciale, la nécessité de se «rassembler en ces temps très difficiles», admettre les erreurs et écouter les autres, s’opposer au harcèlement sur les réseaux sociaux. L’exact opposé de l’approche de son mari», a-t-il tweeté.

Après deux soirs de discours corrosifs, anxiogènes, sur les dangers supposés d’une présidence du démocrate Joe Biden, l’ex-mannequin slovène de 50 ans a rompu avec la dynamique de la convention républicaine.

Avec un passage qui aurait pu sembler évident dans un pays durement frappé par la pandémie de nouveau coronavirus qui y a fait près de 180’000 morts, elle a pour la première fois depuis lundi mentionné les Américains touchés par la maladie, très rarement évoqués par Donald Trump, 74 ans.

«Apprendre de notre passé»

«Mes plus profondes condoléances à tous ceux qui ont perdu un être cher. Et mes prières sont avec ceux qui sont malades ou souffrent», a déclaré Melania Trump. Elle a aussi abordé le mouvement de colère historique contre le racisme, émaillé de violences, qui traverse les États-Unis.

Là où Donald Trump s’est la plupart du temps contenté de parler d’«émeutiers», la Première dame a appelé à «apprendre de notre passé». «La difficile réalité c’est que nous ne sommes pas fiers de pans de notre histoire», a-t-elle déclaré.

Ton mécanique

Apparaissant nerveuse dans ses premières minutes, dans une autre touche humaine la démarquant des politiques professionnels, elle a lu avec application son long discours sur les prompteurs installés dans les jardins de la Maison Blanche.

Son ton parfois un peu empesé, mécanique, s’est allégé lorsqu’elle a mentionné ses parents ou son «rêve américain», qui l’ont poussée à offrir de grands sourires. Notamment, dans une rare touche de complicité affichée avec son époux, lorsqu’elle a concédé que ce dernier ne cachait pas ses opinions.

«Nous savons que Donald Trump ne fait pas secret de ce qu’il pense», a-t-elle dit en provoquant les rires de la petite assemblée. «Que vous aimiez cela ou non, vous savez toujours ce qu’il pense».

Elle déplore les «ragots»

Elle a aussi évoqué la lutte contre les addictions et le harcèlement en ligne. Et les difficultés d’élever un enfant, partageant son expérience avec Barron, leurs fils de 14 ans. Affirmant ne pas vouloir attaquer les démocrates pour éviter d’accentuer les divisions, elle a, sur une ligne plus semblable à celle de son mari, déploré les «ragots» colportés par les médias.

Son équipe a souligné que Melania Trump avait choisi «ses mots». Comme pour mieux écarter le souvenir humiliant de son discours à la convention de 2016, lorsqu’elle avait plagié des pans entiers d’un discours de Michelle Obama.

Elle «a montré de l’empathie et de la compassion» sans toutefois présenter «un univers totalement parallèle à celui de son époux», en admettant ses «aspects rugueux», analyse Katherine Jellison, historienne spécialiste des Premières dames américaines à l’université de l’Ohio.

«Habillée pour le combat»

Beaucoup d’observateurs ont toutefois rapidement rappelé le rôle de Melania Trump dans la propagation de doutes, en 2011, sur les origines de Barack Obama. Une théorie perçue comme empreinte de racisme par beaucoup aux États-Unis et que Donald Trump avait abondamment mis en avant.

Son choix de tenue à l’allure militaire a aussi été amplement commenté. «Melania Trump est venue habillée pour le combat», a écrit Vanessa Friedman, directrice de la rubrique mode du New York Times. Choisissant ses tenues avec grand soin, l’ancienne mannequin est tellement discrète que ses «vêtements sont décortiqués comme des signes dans le marc à café».

Eric et Tiffany

Comme au premier soir, la famille du président a occupé une place centrale, avec les discours de ses enfants nés de précédents mariages: Eric et Tiffany Trump (36 et 26 ans respectivement). Lundi, son fils aîné Donald Trump Jr avait résumé l’élection présidentielle à venir à un choix entre «l’église, le travail et l’école» et «l’émeute, le pillage et le vandalisme». Et vanté sa réaction face au virus «venu de Chine».

À aucun moment, dans les différentes vidéos diffusées au cours de la soirée, en particulier une cérémonie de naturalisation à la Maison-Blanche, le président américain ne portait de masque. Le milliardaire acceptera officiellement jeudi, et pour la deuxième fois, la nomination de son parti, lors d’un discours dans les jardins de la Maison-Blanche.

(AFP/NXP)

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