Actualisé 19.05.2007 à 07:50

Mélanie Betancourt fustige «le show médiatique» du président colombien

PARIS - La fille de la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, détenue depuis plus de cinq ans par les FARC en Colombie, a dénoncé vendredi l'attitude d'Alvaro Uribe.

Celui-ci a donné l'ordre à l'armée de préparer une opération pour libérer l'otage.

«Soyons logiques: vous voulez libérer quelqu'un par la force, vous allez l'annoncer comme ça au monde entier, surtout pour que les ravisseurs le sachent et qu'au moindre bruit d'hélicoptère, la première chose qu'ils fassent c'est exécuter l'otage?», s'est-elle interrogée sur France-2, peu après avoir été reçue par le président Nicolas Sarkozy avec plusieurs membres de sa famille.

Pour la jeune femme, il serait inconcevable qu'une telle opération soit menée «alors que, la veille, le président français a appelé directement le président colombien pour lui dire à quel point il fallait trouver une solution».

«Le lendemain, que fait le président colombien? Il dit exactement le contraire, haut et fort, pour que tout le monde l'entende. Pour moi, c'est un affront et c'est un affront qu'il fait à notre président», a poursuivi Mélanie Delloye-Betancourt.

Quant à son entretien avec Nicolas Sarkozy à l'Elysée, «c'était très fort, parce qu'on a vraiment senti à quel point sa détermination était là», a-t-elle commenté. «Il avait une réelle volonté de tout faire pour obtenir la libération de maman.»

Il s'agissait alors «de voir quelles allaient être les actions fortes qui allaient suivre» pour tenter de faire libérer Ingrid Betancourt, après le témoignage encourageant d'un ancien compagnon de détention de l'otage franco-colombienne, a-t-elle encore expliqué. Mais, «face à ce que vient de faire le président colombien, les choses changent.»

Emboîtant le pas à sa petite-fille, Yolanda Pulecio de Betancourt, la mère de l'otage franco-colombienne, demande au président colombien «de s'abstenir d'insister sur une opération militaire de sauvetage». Dans un communiqué publié samedi matin, elle attire l'attention d'Alvaro Uribe sur «les conséquences qu'une telle décision pourrait avoir sur l'intégrité physique de sa fille au regard du droit international humanitaire».

Le comité de soutien à Ingrid Betancourt dénonce pour sa part le «jeu malsain» auquel se livre selon lui Alvaro Uribe, «tant les FARC ont toujours tué leurs otages dans des situations analogues», rappelle-t-il dans un communiqué. «Le Comité de soutien condamne donc cet effet de manche malheureux et invite Alvaro Uribe à considérer des moyens viables et mieux pensés pour travailler à la réelle libération d'Ingrid Betancourt», poursuit le communiqué.

De son côté, la Fédération internationale des Comités Ingrid Betancourt (FICIB) accueille avec «beaucoup d'inquiétude» les déclarations du président colombien et rappelle dans un communiqué publié vendredi soir «l'opposition unanime des familles à toute opération qui mettrait en danger la vie des otages, et demande à la Communauté Internationale d'intervenir auprès du Président Uribe pour qu'il accepte de s'engager dans la voie d'une solution négociée via un accord humanitaire avec la guérilla, plutôt que dans des actions militaires dont il porterait personnellement la responsabilité des conséquences».

(ap)

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