«Gilets jaunes»: Mélenchon: «Macron se trompe d'époque»
Actualisé

«Gilets jaunes»Mélenchon: «Macron se trompe d'époque»

L'opposition française, de droite comme de gauche, a globalement jugé lundi insuffisantes les annonces du président français.

Les Républicains ont déploré une «smicardisation» de la société, tandis que la France insoumise ciblait un président qui épargne «les grandes fortunes et les profits».

Au terme de trois semaines d'agitation sociale sur le thème du pouvoir d'achat, Emmanuel Macron a annoncé une augmentation du smic de 100 euros à partir du premier janvier, l'annulation de la hausse de la CSG pour les retraités touchant moins de 2000 euros et une défiscalisation des heures supplémentaires.

Dénonçant un président qui «se trompe d'époque», Jean-Luc Mélenchon a confirmé son soutien aux contestataires, dont certains appellent à manifester de nouveau samedi prochain. «L'acte V (...) du début de la révolution citoyenne dans notre pays sera un moment de grande mobilisation», a-t-il dit. «Je m'en remets à la décision qui sera prise par ceux qui sont dans l'action.»

«Président des riches»

Le chef de file de La France insoumise a repris le thème du «président des riches», leitmotiv des «gilets jaunes». Il a affirmé que «toutes les mesures qu'il a annoncées seront payées par les contribuables et les assurés sociaux, aucune par les grandes fortunes et les profits.»

«On attend une vraie redistribution des richesses», a abondé Benoît Hamon sur BFM TV. L'ancien candidat socialiste à la présidentielle a déploré la non-remise en cause de l'impôt sur la fortune (ISF), l'absence de contribution des «grandes entreprises polluantes» ou encore «des banques et des actionnaires».

Le Premier secrétaire du PS, Olivier Faure, est lui aussi allé sur ce terrain. «Le cap n'est pas modifié», a-t-il déploré sur France 2, estimant que le gouvernement aurait pu toucher aux «20 milliards» correspondant au «doublement en 2019» du crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi en passe d'être transformé en baisse de charges pérenne.

Paris essaie de déminer la crise des «gilets jaunes»

Le gouvernement français a décidé d'annuler la hausse des taxes sur les carburants, principal grief des «gilets jaunes». Paris essaie ainsi d'empêcher une nouvelle journée de violence alors que les «gilets jaunes» pourraient à nouveau manifester dans la capitale.

Un modèle contesté

Marine le Pen a de son côté dénoncé un chef de l'Etat arc-bouté sur «modèle» contestable. «Face à la contestation, Macron renonce à une partie de ses errements fiscaux et c'est tant mieux, mais il refuse d'admettre que c'est le modèle dont il est le champion qui est contesté», a twitté la présidente du Rassemblement national.

1 / 150
Le premier anniversaire des «gilets jaunes» était marqué samedi par le retour du chaos dans certains quartiers de Paris. Un manifestant touché par un projectile a perdu l'usage d'un oeil. (Samedi 16 novembre 2019)

Le premier anniversaire des «gilets jaunes» était marqué samedi par le retour du chaos dans certains quartiers de Paris. Un manifestant touché par un projectile a perdu l'usage d'un oeil. (Samedi 16 novembre 2019)

AFP
Les «gilets jaunes» poursuivaient leur mouvement pour leur premier anniversaire d'existence. (Samedi 16 novembre 2019)

Les «gilets jaunes» poursuivaient leur mouvement pour leur premier anniversaire d'existence. (Samedi 16 novembre 2019)

Keystone
Des grenades ont été lancées dans le cortège de la Marche pour le climat à Paris. (21 septembre 2019)

Des grenades ont été lancées dans le cortège de la Marche pour le climat à Paris. (21 septembre 2019)

AFP

«Ce modèle, c'est celui de la mondialisation sauvage, de la concurrence déloyale, du libre-échange généralisé, de l'immigration de masse et ses conséquences sociales et culturelles. Bref, Macron recule pour mieux sauter !», a-t-elle ajouté.

Du «mauvais théâtre»

Le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan a décrit sur Périscope «un grand numéro de théâtre» présidentiel. «J'allais dire de mauvais théâtre. De fausse empathie, fausses mesures, une hypocrisie incroyable», a-t-il insisté. «Il va continuer la même politique avec un petit paquet cadeau et un petit ruban en couleur. La même politique, cela veut dire la même spoliation des Français qui travaillent».

Pour le président de Debout la France, les Français doivent retourner aux urnes. «Il faut absolument maintenant que le peuple arbitre par le suffrage universel.»

Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat, a reconnu que le président avait fait des «constats justes» mais déploré qu'il ne s'attaque pas à la baisse de la dépense publique. «Il ne peut pas y avoir de baisses d'impôts s'il n'y a pas de baisse des dépenses publiques», a-t-il dit sur France 2.

«A concentrer les aides sur le smic, on va smicardiser la société française», a-t-il aussi déploré. «Ceux qui vont être au-dessus vont avoir toujours la double peine: la CSG et la non indexation». (nxp/ats)

(NewsXpress)

Ton opinion