Présidentielle française: Mélenchon mise sur «la plage au peuple»
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Présidentielle françaiseMélenchon mise sur «la plage au peuple»

Jean-Luc Mélenchon, le candidat de la gauche radicale, réunit samedi ses partisans sur une plage de Marseille (F), un mois après le meeting à la Bastille, à Paris.

Le candidat à la présidentielle française de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon réunit samedi ses partisans sur une plage de Marseille (sud-est), à la veille de la bataille des méga-meetings qui opposera à Paris Nicolas Sarkozy et le favori socialiste François Hollande. Il dit vouloir faire «plage au peuple», détournant ainsi son slogan «place au peuple», en s'installant sur la plage du Prado. Le meeting met en terme à des mois de friction avec la mairie UMP qui lui en refusait l'accès, selon «Libération».

Après avoir rassemblé des dizaines de milliers de personnes place de la Bastille à Paris le 18 mars, puis à Toulouse (sud-ouest) le 5 avril, Jean-Luc Mélenchon investit Marseille, au moment où les sondages le placent au coude-à-coude avec la candidate d'extrême droite Marine Le Pen à la troisième place lors du premier tour du scrutin le 22 avril.

Tribun flamboyant, cet ancien ministre socialiste de 60 ans a fait depuis le début de la campagne une OPA sur l'électorat de la «gauche de la gauche», avec son slogan de campagne «Prenez le pouvoir», ses appels au peuple et ses attaques virulentes contre le néolibéralisme.

Succès populaires

Cette dynamique est spectaculaire dans ses meetings, qui sont les plus grands succès populaires de la campagne, et qui ont abandonné les grandes salles traditionnellement utilisées par les partis, au profit d'espaces en plein air.

Un succès qui fait des émules: dimanche, le président sortant Nicolas Sarkozy va réunir ses supporters place de la Concorde à Paris, tandis que François Hollande convie ses partisans devant le château de Vincennes, en périphérie sud de la capitale.

Ironie sur son blog

Jean-Luc Mélenchon a d'ailleurs ironisé sur le sujet sur son blog, jugeant que Nicolas Sarkozy et François Hollande l'imitent et qu'ils vont «maintenant eux aussi occuper les rues et parfois même se risquer sur des places».

A huit jours du premier tour, le président sortant et son principal challenger auront le même objectif: réunir plus de sympathisants que son adversaire, pour marquer un point symbolique dans la campagne.

Annoncé depuis des mois, le duel entre Nicolas Sarkozy et François Hollande se précise à l'approche du scrutin: à eux deux, ils drainent près de 60% de l'électorat, selon les instituts de sondages.

Les dernières enquêtes sont partagées, donnant l'un ou l'autre en tête d'un cheveu, autour de 28 contre 27%.

Courant protestataire

Le courant protestataire est fort, aussi, autour de 30% des intentions de vote avec en lutte pour la troisième place, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon - entre 13% et 17% d'intentions de vote.

Le centriste François Bayrou fait les frais de cette configuration: un temps troisième homme, il est engagé dans une spirale à la baisse, retombant autour de 10%, tout en restant très courtisé, tant par la gauche que par la droite, qui a vu vendredi en lui un «un très bon Premier ministre» de Nicolas Sarkozy si celui-ci était réélu.

Vendredi soir, il a toutefois nettement repoussé les avances des uns et des autres, soulignant qu'il était là «pour empêcher le deuxième tour Sarkozy-Hollande».

Vainqueur

Dans tous les cas de figure, François Hollande est toujours donné vainqueur haut la main du second tour (entre 54 et 56% des voix).

Jeudi soir, pour la première fois, François Hollande a clamé sa foi en sa victoire. D'habitude prudent, s'interdisant tout geste, tout mot pouvant donner à penser que les jeux sont faits en sa faveur, François Hollande a dérogé à cette règle: «On va gagner !», a-t-il lancé en fin de meeting à Clermont-Ferrand (centre), appelant à «rendre la victoire irréversible».

Il a toutefois nuancé ces propos vendredi, estimant que «les sondages, les bons, ça peut démobiliser et les moins bons, ça peut décourager».

Abstraction des votes

En déplacement en Corse, Nicolas Sarkozy a demandé vendredi aux Français de «faire abstraction de tous les votes que vous avez pu choisir tout au long de vos vies. Vous devez voter et choisir, pas en fonction du passé, mais en fonction de l'avenir», a-t-il insisté.

Et le patron du parti présidentiel UMP a prévenu samedi: si François Hollande est élu, ce serait le chaos, «compte tenu de l'ambiguïté extrême de ses positions et de sa majorité improbable». (afp)

Les tendances en primeur sur 20minutes.ch

Dimanche 22 avril, 20minutes.ch publiera les sondages sorties des urnes dans l'après-midi.

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