Présidentielle française: Mélenchon veut «faire les poches» à la Suisse
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Présidentielle françaiseMélenchon veut «faire les poches» à la Suisse

Jean-Luc Mélenchon a tenu son dernier grand meeting jeudi soir à Paris. Il était auparavant revenu sur les problèmes de fiscalité en disant vouloir «faire les poches» à la Suisse.

par
Côme Gallet
Paris/dmz

Pour son dernier meeting de campagne, Jean-Luc Mélenchon avait vu grand pour ce qu'il avait appelé le «jeudi rouge». Il a réussi le pari de faire venir 60'000 personnes, selon les organisateurs, dans l'immense Parc des expositions de la porte de Versailles (ouest de Paris) pour ce «multi-meeting réplique de la Bastille». L'événement était retransmis dans des dizaines de villes.

Avant ce rassemblement, le candidat d'extrême gauche avait évoqué la place financière suisse dans une interview accordée à la RTS et à TV5 Monde: «I am very dangerous. J'ai vraiment l'intention de vous faire les poches. Tous ceux qui sont à l'étranger doivent payer des impôts dans le pays où ils sont. Ils sont en Suisse, ils paient en Suisse. Mais ils doivent en même temps payer la différence de ce qu'ils auraient dû payer au fisc français», a-t-il poursuivi.

«Il faut rendre les coups»

En montant sur l'estrade dans un Parc des expositions à dominante rouge, le candidat du Front de gauche (FG) a savouré l'acclamation du public pendant de longues secondes avant de prendre la parole. «Baissez les drapeaux que je vous voie», leur a-t-il lancé avant de lâcher, l'air satisfait: «On a bien travaillé.» Pas toujours troisième homme dans les sondages, le tribun l'est par contre en termes d'affluence lors de son dernier meeting, juste derrière les rassemblements organisés par les deux favoris le week-end dernier. D'envolées lyriques – «le feu a pris à la plaine, il leur grille les fesses» – en métaphores guerrières – «il faut rendre les coups et frapper l'ennemi jusqu'à ce qu'il soit abattu» – Jean-Luc Mélenchon s'est attaqué en priorité à sa cible favorite, le système financier.

«Tout le monde mange du couscous: l'intégration est réussie»

Légèrement devancé par Marine Le Pen dans les derniers sondages, il a également lancé un appel anti-FN. «Le vote utile, c'est le vote FG», a-t-il dit, repeignant Marine Le Pen «en yéti de la politique française» et jugeant que «le niveau du vote FG est l'indicateur du trouillomètre de la droite». Mélenchon a aussi ironisé sur la politique d'immigration du FN: «Tout le monde mange du couscous et des merguez dans ce pays, l'intégration est réussie!» a-t-il crié devant une salle hilare. Le tribun a ensuite accusé Marine Le Pen de jouer sur la peur du musulman fondamentaliste préparant des attentats en France. Il a fait valoir qu'une grande majorité des attaques perpétrées en Europe sont le fait de nationalistes ou de séparatistes, citant l'exemple du tueur norvégien Anders Breivik.

«Si vous continuez, on va chercher Mélenchon»

Le discours du candidat, souvent entrecoupé des cris «Résistance, Résistance» de la foule, a parfois pris une tournure populiste: «Si vous votez pour le FG vous aurez plus d'argent à la fin du mois, a-t-il asséné devant un public très hétéroclite composé de jeunes, de retraités et de familles. Et vous pourrez dire à vos patrons: «Attention si vous continuez on va chercher Mélenchon.» Avant l'incontournable «Internationale», entonnée par tout le public, Jean-Luc Mélenchon a fait «le serment de la porte de Versailles», promettant à ses partisans de «rester unis jusqu'à la victoire de la Révolution citoyenne et de la VIe République». Faisant dire à ce couple de retraités rencontré à la sortie: «Cela faisait longtemps qu'on en (un homme politique) avait pas vu un comme ça.»

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