Saint-Prex (VD): Mélodie Zhao, Suissesse prodige du piano à 13 ans
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Saint-Prex (VD)Mélodie Zhao, Suissesse prodige du piano à 13 ans

Parmi les invités du Saint-Prex Festival, une pianiste sino-suisse de 13 ans.

Tu as commencé le piano à deux ans et demi. Qu'est-ce qui t'as séduit dans cet instrument ?

Mon cousin était un pianiste prodige, c'est lui qui a suscité mon envie de jouer du piano. Il préparait des concerts et j'ai eu l'ambition enfantine de vouloir jouer mieux que lui quand je serais grande (rires).

Est-il difficile de faire tant d'efforts quand on est enfant ?

C'est surtout difficile quand on est tout petit et qu'on ne comprend pas ce que ça peut apporter. C'est normal, pour n'importe quel enfant de 9-10 ans, de ne pas vouloir trop travailler et que les parents soient obligés de pousser à le faire. Mais maintenant, je sais que c'est très important. Le travail devient obligatoire, car si on ne joue pas un jour, on régresse.

Qu'essaies-tu d'apporter aux œuvres que tu joues ? Quelle est ta touche personnelle ?

Le plus important est de maîtriser les problèmes techniques, mais après, j'essaie de donner une âme à la pièce ainsi que du caractère. Si on joue une œuvre sans caractère, elle devient banale et inintéressante.

Te considères-tu comme une surdouée ?

Je ne trouve pas que j'ai quelque chose de vraiment spécial, peut-être un peu de talent, mais c'est surtout le travail qui compte. Et mon père, qui était professeur de violon au Conservatoire Central de Musique de Chine, est tous les jours là quand je travaille, c'est un peu le guide qui fait que je progresse plus vite.

Te sens-tu plus mature que les autres enfants de ton âge ?

Mature, je ne sais pas, mais parfois je vois les choses un peu différemment des autres, même philosophiquement, ou quand il s'agit de résoudre un problème.

Comment vis-tu ton succès et ta carrière ?

Ca vient petit à petit, mais je sens surtout que je n'ai pas travaillé pour rien. C'est un peu la récompense.

Que ressens-tu en jouant ?

Beaucoup de choses, mais il faut d'abord prendre du plaisir, quelque soit le morceau que l'on joue.

Quels sont tes compositeurs préférés ?

Chopin, Beethoven et Liszt. Ils représentent trois visages différents du romantisme. J'aime Beethoven, car il a beaucoup de caractère, sa musique est très ordonnée. Chopin est complètement différent, c'est le grand poète du piano. Quant à Liszt, j'apprécie son côté spirituel et le fait qu'il ne soit influencé par personne. De plus, j'aime lire des biographies de compositeurs.

Tu vas sortir au début du mois d'octobre un CD des 24 Etudes de Chopin. Enregistrer ce répertoire à 13 ans est une première. Qu'est-ce que cela t'inspire d'avoir réalisé cet exploit ?

Mon but n'était pas vraiment de créer un première mondiale. Je voulais avant tout montrer comment une adolescente peut jouer cette oeuvre.

Comment vois-tu ton avenir?

Je voudrais devenir une pianiste qui a un peu d'influence dans le monde musical, et qui a du caractère.

Myriam Genier

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