Actualisé 21.09.2017 à 14:54

SuisseMembres du Conseil islamique suisse inculpés

Le Ministère public de la Confédération a déposé un acte d'accusation auprès du Tribunal pénal fédéral.

Photo d'illustration.

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Keystone

Le Ministère public de la Confédération (MPC) a déposé un acte d'accusation auprès du Tribunal pénal fédéral (TPF) contre trois membres du Conseil central islamique suisse (CCIS). Il leur reproche d'avoir offert à un dirigeant de l'organisation terroriste Al-Qaïda une plate-forme de premier plan à l'aide de vidéos de propagande.

Les accusés sont deux membres du comité (Naim Cherni et Qaasim Illi) et le président du CCIS Nicolas Blancho. Le MPC leur reproche d'avoir violé la loi fédérale interdisant les groupes «Al-Qaïda» et «Etat islamique» ainsi que les organisations apparentées, a-t-il indiqué jeudi dans un communiqué.

Selon le MPC, le responsable du «département pour les productions culturelles» de l'association, Naim Cherni, s'est rendu en Syrie. Sur place, il a réalisé des films avec un dirigeant de l'organisation terroriste interdite Al-Qaïda en Syrie, entre fin septembre 2015 et mi-octobre 2015.

Par la suite, les films ont été utilisés pour présenter le représentant d'Al-Qaïda à des fins de propagande. Deux vidéos ont été publiées sur Youtube et relayées activement par les trois accusés au travers des réseaux sociaux et lors d'une manifestation publique, ajoute le MPC.

Propagande terroriste

Par ailleurs, les deux vidéos ont été approuvées par Qaasim Illi, le chef du «département pour les relations publiques et l'information» du CCIS, affirme le MPC.

Ce dernier reproche ainsi aux prévenus «d'avoir offert avec ces vidéos de propagande au dirigeant d'Al-Qaïda une plate-forme de premier plan, multilingue et multimédia pour présenter et propager avantageusement sa propre personne et l'idéologie de l'organisation terroriste Al-Qaïda».

Interrogé jeudi par l'ats, Qaasim Illi a affirmé que le CCIS réagissait de façon «sereine» à l'acte d'accusation. «Ce n'est pas une surprise», a-t-il déclaré. Selon lui, le reproche du MPC représente un paradoxe: si le CCIS devait vraiment être inculpé de propagande, ça devrait être «contre l'Etat islamique (EI), mais sûrement pas pour Al-Qaïda».

Selon des informations présentes sur Facebook, le président du CCIS Nicolas Blancho ainsi que Naim Cherni se trouvent actuellement au Myanmar auprès de la communauté musulmane des Rohingyas. Cette information a été également donnée par le journal alémanique Blick.

Accusations rejetées

Une procédure pénale avait été ouverte en décembre 2015 contre Naim Cherni pour soupçon de propagande en faveur de groupes terroristes. Le CCIS s'était alors rangé derrière son membre du comité directeur: lors d'une conférence de presse tenue après l'annonce du MPC en décembre, le centre islamique et Naim Cherni avaient rejeté les accusations et critiqué le Ministère.

Naim Cherni avait argué pour sa défense qu'il ne s'agissait pas d'un film de propagande, mais d'un documentaire. Ensuite, en novembre 2016, le MPC avait étendu la procédure pénale à Nicolas Blancho et Qaasim Illi. Enfin, début septembre 2017, deux perquisitions avaient été menées à Gimel (VD) par les polices fédérale et cantonale.

60 procédures pénales

Le MPC déposera ses conclusions lors de l'audience du Tribunal pénal fédéral (TPF) à Bellinzone (TI). Pour les accusés, la présomption d'innocence vaut jusqu'au prononcé d'un jugement définitif, souligne le communiqué.

Le CCIS compte actuellement environ 3500 membres. Cela correspond à environ 1% des musulmans vivant en Suisse.

Le MPC, avec le soutien de l'Office fédéral de la police (fedpol), dirige actuellement environ 60 procédures pénales liées au terrorisme djihadiste. Une majorité d'entre elles concerne le soupçon de soutien à des organisations terroristes par la propagande.

(NewsXpress)

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