Actualisé 05.12.2007 à 20:55

Même le théâtre peut être gratuit

Amsterdam. Une troupe a introduit de la pub dans une pièce écrite avec ses sponsors.

La compagnie hollandaise Alaska a fait sensation avec une pièce entièrement financée par la publicité – «Sic transit gloria mundi» –, qui tournera bientôt en Israël. «Nous avons fait salle comble et les médias ont beaucoup parlé de l'expérience», confie Oskar Karel, responsable du marketing de la troupe.» Mais les acteurs n'ont pas pu être payés. La compagnie n'a pas réuni les 30 000 euros (49 000 fr.) prévus.

«Sic transit gloria mundi» a pourtant fait de l'entrepreneriat un élément essentiel du spectacle. Celui-ci se déroule dans un aéroport, lieu qui se prête bien à des affiches publicitaires. Les sponsors pouvaient acheter une partie du décor, de la représentation (une scène qui leur déplaisait a été supprimée) et aussi le nom des acteurs, relate le journal Vrij Netherland.

Peut-on imaginer un tel rapprochement entre l'art et le commerce en Suisse? La Loterie Romande a financé une pièce à sa gloire créée en janvier au Théatre de Vidy à Lausanne. «Il s'agit d'une exception», analyse Antoine Jaccoud, écrivain et metteur en scène. «En Suisse, monter une pièce de théâtre coûte 100 000 fr., soit trois mois de travail pour huit professionnels, ajoute-t-il. Ce montant est financé surtout par les subventions publiques, l'aide de fondations et la Loterie Romande, sans laquelle la scène théâtrale romande n'existerait pas.»

Giuseppe Melillo

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