Suisse romande: «Même pendant la guerre, on a pu continuer à bosser»
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Suisse romande«Même pendant la guerre, on a pu continuer à bosser»

Le Luna Park devait démarrer ce vendredi à Lausanne. Privés de travail, les forains sont au bord du gouffre.

par
Francesco Brienza
Pas de Luna Park cette année dans la capitale vaudoise.

Pas de Luna Park cette année dans la capitale vaudoise.

Vanessa Cardoso/24 Heures

Déconfinement ou non, 2020 sera la pire année de l’histoire pour les familles de forains en Suisse. Depuis fin février, il n’y a pas un seul carrousel qui tourne dans tout le pays. «Mais le pire, c’est que même lorsque le Conseil fédéral dira qu’on peut reprendre, il n’y aura pas de travail pour nous, puisque tout est annulé», soupire Alain Bergdorf, un exploitant genevois. Ce vendredi, le Luna Park devait démarrer à Lausanne. «Dans le calendrier, c’est un gros morceau, puisqu’il s’étale sur quasi 30 jours», reprend-il. Autre gros morceau: la Fête des vendanges à Neuchâtel. Prévue en septembre, elle a aussi été annulée. «Peu importe ce que le Conseil fédéral annoncera le 27 mai, déplore le Genevois. Pour nous, l’année est fichue.»

Concrètement, bon nombre de professionnels de la branche pourraient mettre la clé sous la porte avant la fin de l’année. «Grâce à mes proches, je peux tenir encore deux mois, lâche un Fribourgeois à la tête de deux carrousels et un trampoline. Mais il y a urgence: j’ai cinq enfants et à cette saison, en principe, nous sommes en plein boom. On dirait que la Confédération ne considère pas notre activité comme un métier, c’est très frustrant.» À l’heure où de grands parcs d’attractions européens annoncent leur réouverture, l’indépendant prévient: «Si rien ne bouge ici, je suis prêt à prendre mes véhicules et à bloquer tout Fribourg!»

Présidente de l’Association foraine de Suisse romande, Chantal Wetzel confirme le désarroi de ses membres. «Même pendant la guerre, nos aînés ont pu continuer à travailler, raconte-t-elle. Ce que nous vivons là est vraiment unique, et c’est pareil dans toute l’Europe.» Mais un espoir subsiste. «Si le Conseil fédéral réautorise les rassemblements jusqu’à 1000 personnes, on pourra rebondir, prédit-elle. Les forains ne demandent qu’à travailler. Nous sommes prêts à nous adapter à toutes les mesures de sécurité.» Restera encore à convaincre les visiteurs de sortir s’amuser.