Actualisé 18.02.2011 à 19:12

Anti-Kadhafi en LibyeMenace d'une riposte «foudroyante»

Les comités révolutionnaires, pilier du régime libyen, ont menacé vendredi les «groupuscules» manifestant contre Mouammar Kadhafi d'une riposte «foudroyante».

La répression de la contestation en Libye a fait au moins 24 morts selon Human Rights Watch, mais le bilan pourrait être beaucoup plus lourd. Les comités révolutionnaires, pilier du régime libyen, ont menacé vendredi les «groupuscules» manifestant contre Mouammar Kadhafi, d'une riposte «foudroyante».

L'ONG internationale Human Rights Watch basée à New York a fait état vendredi d'au moins 24 morts ces deux derniers jours, mais les organisations d'opposition et d'exilés avancent des bilans beaucoup plus lourds.

Quatorze personnes ont été tuées jeudi dans des affrontements entre manifestants et forces de l'ordre à Benghazi, a déclaré une source de l'hôpital local sous couvert de l'anonymat.

Au moins quatorze personnes ont également été tuées depuis mercredi dans des manifestations anti-régime à Al-Baïda, à l'est de Tripoli, a indiqué vendredi une source libyenne bien informée. Le nouveau bilan porte à 28 le nombre des morts depuis le début des protestations en Libye mardi, selon un décompte de l'AFP.

«Riposte violente»

Le mouvement de contestation s'est vu menacé de «riposte violente et foudroyante» par les comités révolutionnaires sur le site internet de leur journal «Azzahf Al-Akhdar» (la marche verte).

«Le pouvoir du peuple, la Jamahiriya (pouvoir des masses), la révolution et le leader (Mouammar Kadhafi) constituent des lignes rouges. Celui qui tentera de les dépasser risque le suicide et joue avec le feu», ont-ils prévenu.

Grâce à Mouammar Kadhafi et à la révolution de 1969 qui l'a mené au pouvoir, des «réalisations gigantesques ont été réalisées dans le pays», ont ajouté les comités révolutionnaires. «Il est le seul dirigeant au monde qui a refusé d'être président, roi ou empereur, et a laissé au peuple le pouvoir total».

Armée déployée à Benghazi

Les mouvements de protestations, dont celui de jeudi qui répondait à un appel sur internet à une «journée de la colère», ont été violemment réprimés notamment à Benghazi, la deuxième plus grande ville du pays et bastion de l'opposition, et Al-Baïda, toutes deux situés sur la côte, à l'est de Tripoli.

A Benghazi, des milliers de Libyens ont manifesté jeudi soir au terme d'une «journée de colère» visant à protester contre la mort de manifestants tombés sous les balles des forces de sécurité depuis la veille.

Celles-ci ont ouvert le feu à balles réelles durant la nuit, tuant sept autres manifestants, rapporte «Kourina», un journal local proche d'un des fils du colonel Kadhafi, Saïf al Islam, qui publie des photos de victimes.

Deux villes rebelles

Des opposants libyens en Suisse ont affirmé vendredi à l'ATS qu'à Al-Baïda, «un bataillon spécial commandé par le plus jeune fils de Kadhafi et composé de mercenaires africains a tiré jeudi sur la foule. La population et la police locale se sont joints aux manifestants et ont expulsé les mercenaires de la ville», a expliqué Ahmed el-Gasir, responsable de l'ONG Libyan Human Rights Solidarity.

Ahmed el-Gasir a également affirmé que depuis lors Al-Baïda était «défendue» par ses habitants. Les forces de l'ordres libyennes étaient toutefois postées vendredi autour d'Al-Baïda et en contrôlaient les entrées et sorties, a affirmé à l'AFP une source proche du pouvoir.

Selon Libyan Human Rights Solidarity, basée à Genève, la ville côtière de Zitan est également assiégée. «Les bureaux du comité révolutionnaire y ont été brûlés. La ville est coupée du reste du pays», a-t-il déclaré à l'ATS. Les exilés font état de 35 morts à Al Baïda et de centaines de blessés. Des protestations ont eu lieu également à Tobrouk, près de la frontière égyptienne.

A Tripoli, où les partisans du régime avaient manifesté jeudi en masse en faveur du colonel Kadhafi, les rues étaient presque vides vendredi matin. Parallèlement, les médias officiels continuaient à occulter les protestations.

TSR

(ats)

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