Documentaire «La Forteresse»: Menacé de renvoi, un protagoniste du film peut rester en Suisse
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Documentaire «La Forteresse»Menacé de renvoi, un protagoniste du film peut rester en Suisse

L'Irakien qui a joué dans le documentaire «La Forteresse» du réalisateur vaudois Fernand Melgar peut rester provisoirement en Suisse.

Il aurait dû être renvoyé lundi matin en Suède depuis l'aéroport de Kloten.

Dans la journée, le Tribunal administratif fédéral (TAF) a émis une mesure superprovisoire contre son expulsion. Fahad Khammas aurait dû quitter la Suisse avec le vol Zurich-Stockholm de 06h30.

Fernand Melgar a organisé une action de sensibilisation sur son sort lundi matin à l'aéroport. Le jeune homme s'est violemment débattu et le pilote de l'avion a exigé que l'homme sorte de l'appareil, après que les passagers se sont eux-mêmes révoltés, a précisé M. Melgar au téléjournal de la TSR.

L'avocate de Fahad Khammas a déposé ce week-end un recours auprès du TAF contre la non-entrée en matière de l'Office fédéral des migrations (ODM) sur la demande d'asile, a indiqué Denise Graf, coordinatrice auprès d'Amnesty International.

Le jeune homme ne peut ainsi provisoirement pas être expulsé vers la Suède. Denise Graf s'attend à une décision définitive du TAF d'ici deux semaines.

Reproches à la police

Sur la base d'indications données par l'avocate de l'Irakien, la section suisse d'Amnesty International a émis lundi de graves accusations envers les policiers chargés du transfert dans l'avion. Ceux ci l'auraient ligoté et porté dans l'appareil.

Quand il a commencé à crier, ils auraient tenté de lui coller une bande adhésive sur la bouche. De plus, le requérant d'asile aurait été pincé et frappé dans les reins, selon l'avocate.

La police cantonale zurichoise réfute catégoriquement ces accusations. Son chef de la communication Marcel Strebel les qualifie de totalement infondées. Des clarifications ont montré que l'Irakien n'a été ni frappé ni pincé et que sa bouche n'a nullement été obstruée.

Marcel Strebel confirme en revanche que le jeune homme a crié et qu'il s'est violemment débattu. Sur ce, le pilote a exigé qu'il quitte l'avion.

Proportionnalité mise en cause

Amnesty réclame une enquête sur l'incident. Le but est de savoir si les policiers ont agi de manière proportionnée, a relevé un porte-parole de l'organisation de défense des droits de l'homme. Celle-ci met en garde contre le risque que le jeune homme soit directement renvoyé en Irak si la Suisse l'expulse vers la Suède. Le royaume scandinave a en effet rendu une décision négative à son égard. (ats)

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