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FranceMenacée de mort, une ancienne ministre a dû se cacher

Un homme menace depuis trois ans l'ex-ministre française et sa fille. Cécile Duflot a décidé de prendre la parole pour dénoncer le cyberharcèlement.

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mc/20 minutes

«Chers gens que j'aime bien sur Twitter et cher.e.s inconnu.e.s qui m'aimez bien, ce message pour vous dire que je vais m'en aller pour un temps», avait tweeté le 1er décembre l'ancienne ministre du Logement, très suivie sur ce réseau social (plus de 400 000 followers). «Depuis 3 ans un homme me harcèle par différents moyens. Il y a eu 3 procès, il est allé en prison. Il vient de rerererecommencer.»

Cécile Duflot avait accompagné ce tweet d'une capture d'écran du genre de message qu'elle recevait de cet individu: «Je voulais seulement avoir un enfant avec vous si vous étiez d'accord et je suis dégouté de comment vous avez réagi (...) Si vous ne vouliez pas que j'insiste, vous n'aviez qu'à accepter d'avoir une relation avec moi.»

«Et ça, c'est le moins pire de ce que j'ai reçu», a-t-elle confié à Léa Salamé sur France Inter lundi. Cécile Duflot n'avait pas l'intention de s'exprimer dans les médias mais, après avoir reçu des milliers de messages, «de femmes notamment», l'ex-ministre a décidé de parler, «pour toutes celles qui ne le peuvent pas».

«Ça pourrit nos sociétés et les réseaux sociaux - autrefois vous receviez des lettres anonymes - ont augmenté les capacités. Je pense qu'il faut prendre ça au sérieux et donc, si en en parlant, ça peut aider à prendre au sérieux ce qui arrive à d'autres, notamment d'autres femmes...»

«Il ne faut pas dire que ce n'est pas grave»

Et si elle le fait alors que l'affaire dure depuis trois ans, c'est «parce que je n'y arrivais plus parce que je reçois souvent des messages agressifs (...) J'ai plutôt les nerfs froids et je suis résistante et pourtant ça m'atteint donc il ne faut pas minimiser quand ça arrive à quelqu'un autour de vous, il ne faut pas dire que ce n'est pas grave.»

«Les six premiers mois, j'ai essayé de ne pas y prêter beaucoup d'attention jusqu'à ce que j'aie des signaux d'alerte importants (...) Il a trouvé mon adresse parce que je l'ai donnée quand j'ai déposé plainte. Et, je ne sais pas comment, il a eu en mains ma plainte avec mon adresse», a-t-elle raconté, insistant sur la bonne écoute des policiers: «On m'a appelée pour me dire: «Attention il vous cherche, cachez-vous.»

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