Actualisé

MexiqueMenaces de mort: une page Facebook ferme

Après avoir été menacé pour sa page sur les activités criminelles au Mexique, l'administrateur a décidé de la fermer.

L'administrateur d'une page du réseau social Facebook consacrée aux activités des groupes criminels dans l'Etat mexicain du Tamaulipas (nord-est) va fermer son compte à la suite de menaces de mort publiques émises par affichettes il y a deux mois.

«Je ne peux pas continuer dans cette tranchée pour plusieurs raisons que je ne crois pas nécessaire d'expliquer», écrit l'administrateur de la page «Valor por Tamaulipas» (Courage pour le Tamaulipas) qui compte plus de 214'000 abonnés et qui a le même nom sur Twitter.

«Il reste 8 jours pour l'élimination de la page», a-t-il indiqué depuis dimanche soir, après s'être excusé d'avoir fermé temporairement le site durant quelques jours la semaine dernière.

«Valor por Tamaulipas», qui avait ouvert le 1er janvier 2012, donnait des informations sur les derniers affrontements armés, kidnappings ou barrages montés par les narcotrafiquants sur les routes de l'Etat frontalier des Etats-Unis.

«Parents directs» menacés

En février, des affichettes imprimées étaient apparues dans la capitale du Tamaulipas, Ciudad Victoria, une ville de 300'000 habitants, promettant 600'000 pesos (35'000 euros) pour «toute personne disposant d'une information exacte sur le responsable de la page Valor por Tamaulipas».

Le texte, portant un numéro de téléphone à appeler, étendait la menace aux «parents directs» de l'administrateur de la page.

Contacté à travers Facebook par l'AFP en février, l'administrateur de la page indiquait alors que les menaces «pouvaient être liées à des autorités corrompues et à des membres des Z», l'initiale pour le cartel des Zetas, le plus violent groupe criminel du Mexique et qui contrôle largement Ciudad Victoria.

Pays dangereux pour les journalistes

Le Mexique est devenu l'un des pays les plus dangereux du monde pour les journalistes, en particulier pour ceux qui suivent les affaires de police et de criminalité. Plusieurs journaux en sont réduits à faire de l'auto-censure pour le type d'informations diffusées par «Valor por Tamaulipas».

Depuis 2000, 82 journalistes ont été tués et 18 autres ont disparu au Mexique, selon la Commission nationale de défense des droits de l'Homme (CNDH). Plus de 800 employés de médias ont déposé plainte auprès des autorités en 13 ans tandis que les attaques à coups de feu contres des bâtiments de presse ne sont pas rares. (afp)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!