Actualisé 26.11.2014 à 19:17

Genève

Menaces des commerçants suite à la grève des TPG

Le chiffre d'affaires du commerce de détail aurait plongé lors du débrayage du 19 novembre. Le secteur demandera réparation aux TPG en cas de nouvelle grève.

de
David Ramseyer
Aucun bus n'avait circulé de tout la journée lors du débrayage du 19 novembre.

Aucun bus n'avait circulé de tout la journée lors du débrayage du 19 novembre.

Un jour sans bus ni tram sur les routes, une journée sans argent ou presque dans les caisses enregistreuses. Dans un courrier adressé mercredi aux Transports Publics Genevois et au Conseil d'Etat, la Fédération du commerce genevois (FCG) décrit son mercredi noir du 19 novembre.

Avec les difficultés de la clientèle pour se rendre dans les commerces de détail, le chiffre d'affaires des commerçants aurait connue une «chute drastique». De son propre aveu, l'association est cependant incapable de la chiffrer. Elle souligne aussi que la qualité d'accueil des clients a été péjorée en raison des retards d'une majorité d'employés coincés par la grève. Enfin, le débrayage aurait porté «atteinte au rayonnement international de Genève avec des commentaires défavorables des touristes». Une affirmation qui se base sur le témoignage d'un membre de la FCG.

La Fédération prévient donc les TPG: elle leur réclamera des dommages et intérêts si une nouvelle grève devait avoir lieu (ndlr: une éventualité que les syndicats n'écartent pas).

«Une honte !»

L'association professionnelle fustige aussi l'absence de service minimum. «Ce qui s'est passé ce jour-là est une honte !, s'insurge Fabienne Gautier. Même lors de grèves générales à Paris, des prestations minimales sont assurées.» Pour la présidente de la FCG, il était de la responsabilité des TPG et du Conseil d'Etat de prévoir un plan d'urgence.

En cas de nouveau débrayage, la Fédération suggère l'emploi de sociétés locales de cars pour assurer les liaisons principales. Les coûts pourraient être couverts grâce aux économies réalisées par le non-paiement des salaires des grévistes du 19 novembre. Une sanction en effet évoquée par le gouvernement. L'association admet qu'elle n'a aucune idée du montant nécessaire pour mettre sur pied un tel système.

Ce courrier a d'abord fait rire Valérie Solano, secrétaire syndicale du SEV, à l'origine du débrayage. «Je comprends les préoccupations des commerces genevois, réagit-elle plus sérieusement. Mais d'autre secteurs ont largement profité de cette journée de grève, comme les taxis , le commerce alimentaire en ligne et les opérateurs téléphoniques.» Elle estime que la paix sociale a un coût et que c'est aux TPG, au gouvernement et aux députés de trouver une issue au conflit. Contactés, ni les Transports Publics ni le Conseil d'Etat n'ont souhaité s'exprimer.

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