Actualisé 22.09.2018 à 23:16

ItalieMenaces du M5S contre le ministère des finances

Le porte-parole du chef du gouvernement italien a menacé en termes crus les fonctionnaires du ministère des finances.

Rocco Casalino, porte-parole de Giuseppe Conte.

Rocco Casalino, porte-parole de Giuseppe Conte.

AFP

Un enregistrement sonore dans lequel le porte-parole du chef du gouvernement italien menace en termes crus les fonctionnaires du ministère des finances faisait scandale samedi en Italie. Les discussions sur le budget sont tendues, en raison des promesses électorales.

«S'ils ne trouvent pas l'argent pour le revenu de citoyenneté, nous au M5S (Mouvement 5 Etoiles)n nous consacrerons toute l'année 2019 à virer une marée de gens du ministère des finances», déclare Rocco Casalino, porte-parole de Giuseppe Conte, dans cet enregistrement de 2 minutes diffusé par plusieurs médias italiens.

S'exprimant apparemment dans un bar à un journaliste à qui il demande d'attribuer ses propos à «une source parlementaire», il évoque «une méga-vendetta», qui sera menée «baïonnette au canon» contre «ces merdeux du ministère». Et il explique qu'au sein du ministère, des fonctionnaires en place «depuis des décennies» se refusent à trouver «ces 10 milliards» d'euros nécessaires pour instaurer un revenu de citoyenneté.

Appels à la démission

Le M5S (antisystème) tient à faire figurer cette promesse-phare dans le budget 2019, mais la Ligue (extrême droite), alliée dans la coalition gouvernementale, exige de son côté des baisses radicales d'impôts. Le ministre des finances, Giovanni Tria, met en garde contre l'alourdissement de la colossale dette publique italienne.

Ces propos ont provoqué un tollé en Italie, où l'opposition de droite comme de gauche a appelé à la démission de M. Casalino. Celui-ci a dénoncé dans la presse une «violation des règles déontologiques les plus élémentaires», tandis que M. Conte lui a renouvelé sa confiance dans un communiqué.

Sans évoquer les menaces proférées par M. Casalino, le blog du M5S a appuyé son propos: «Nous sommes absolument convaincus, et tous peuvent le constater, qu'il y a des gens au sein des ministères qui oeuvrent contre nous».

Pour la Ligue, le secrétaire d'Etat à la présidence du Conseil, Giancarlo Giorgetti, bras droit de Matteo Salvini, s'est contenté d'assurer: «Je ne crois pas que le porte-parole du premier ministre ait le pouvoir de renvoyer qui que ce soit». (nxp/ats)

(NewsXpress)

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