Lausanne: Mendiantes roms dans la rue durant le Covid-19

Actualisé

LausanneMendiantes roms dans la rue durant le Covid-19

Des femmes abordent les passants dans un quartier sous-gare, au mépris de la loi vaudoise sur la mendicité et des directives sanitaires sur la distance sociale.

Frédéric Nejad Toulami
par
Frédéric Nejad Toulami
1 / 4
Alors qu'elle était assis sur un banc à quelques centimètres d'une dame âgée, à qui elle a demandé de l'argent, une rom a déguerpi dès qu'elle s'est sentie observée..

Alors qu'elle était assis sur un banc à quelques centimètres d'une dame âgée, à qui elle a demandé de l'argent, une rom a déguerpi dès qu'elle s'est sentie observée..

Frédéric Nejad Toulami
Une jeune femme non francophone abordait des passants sur le boulevard de Grancy, à Lausanne, la semaine passée.

Une jeune femme non francophone abordait des passants sur le boulevard de Grancy, à Lausanne, la semaine passée.

Frédéric Nejad Toulami
Une des mendiantes est rejointe par une proche sur le boulevard. La police lausannoise dit savoir qu'elles viennent régulièrement quémander près d'une grande surface du quartier.

Une des mendiantes est rejointe par une proche sur le boulevard. La police lausannoise dit savoir qu'elles viennent régulièrement quémander près d'une grande surface du quartier.

Frédéric Nejad Toulami

«J'ai bien vu qu'elle ne respectait pas la distance avec moi, mais comme elle m'a demandé de l'argent, je lui ai donné le peu que j'avais.» Cette retraitée aux cheveux gris était assise sur un banc au soleil, mercredi après-midi, quand une inconnue, posée à un mètre d'elle à peine, l'a accostée pour lui soutirer des sous. Se sentant observée, la mendiante rom s'est alors éloignée.

Quelques jours avant, trois autres mendiantes sévissaient dans le même secteur, au boulevard de Grancy, près de l'entrée d'une grande surface. En pleine pandémie et malgré les directives sanitaires, ces femmes non francophones faisaient la manche en abordant de près, et parfois de manière insistante, des passants de tous âges. Une scène insolite à l'heure du confinement recommandé et des règles de distanciation sociale.

Logées par l'Association pour les jeunes en formation

Interrogée, la Ville de Lausanne indique que les trois mendiantes vues au boulevard de Grancy ne jouissent pas du dispositif d'hébergement d'urgence communal. Réparti dans six structures différentes actuellement, il accueille six autres femmes roumaines. «La dernière d'entre elles est arrivée à la mi-janvier. Il n'y a donc pas de nouvelles venues dans nos structures depuis le début de la crise Covid», précise Eliane Belser, responsable communale de l'aide sociale d'urgence. L'enquête de «20 minutes» dévoile que les mendiants roms de Grancy vivent en fait en famille dans des appartements d'immeubles sous-gare, propriétés des CFF mais gérés par l'Association pour le logement des jeunes en formation (ALJF). Celle-ci n'avait pas répondu à nos questions jeudi.

Interdiction cantonale et directives fédérales

Après le rejet par le Tribunal fédéral d'un recours contre l'interdiction de la mendicité dans le canton de Vaud, le Conseil d'Etat vaudois a fait entrer en vigueur cette nouvelle loi cantonale le 1er novembre 2018. De plus, les directives ordonnées par le Conseil fédéral et l'OFSP en mars 2020 punit d'une contravention les personnes qui ne respectent pas une distance de 2 mètres vis-à-vis d'autrui en raison du risque de contagion et de propagation du coronavirus.

Ton opinion