Genève: Mention «Mendiant» dans le passeport des Roms
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GenèveMention «Mendiant» dans le passeport des Roms

Qui de la police ou des agents municipaux genevois a inscrit le terme «mendiant» dans le passeport des Roms? L'enquête le déterminera.

par
Shahïn Ammane

«Mendiants». La mention, inscrite à la main, apparaît dans les papiers roumains de plusieurs membres de la communauté rom contrôlés sur la voie publique. La signature et le matricule d'agents de police ou d'agents de sécurité municipaux (ASM) trône même sur les pages réservées aux visas.

«Il s'agit là d'une infraction pénale, vitupère Me Dina Bazarbachi. De plus, ces personnes sont déjà persécutées dans leur pays d'origine. Imaginez ce qui peut arriver à leur retour chez eux!» Forte de ce constat, la présidente de l'association Messemrom a arrosé les magistrats de la République de lettres de doléances. Le conseiller d'Etat chargé des Institutions, Laurent Moutinot, a confié le dossier à la cheffe de la police genevoise.

«Nous menons actuellement une enquête de véracité afin de déterminer si ces faits sont imputables à nos agents», assure Monica Bonfanti. L'enquête doit livrer ses conclusions dans le courant de ce mois. Et si des gendarmes ont fauté, «des sanctions disciplinaires seront ordonnées et nous nous efforcerons de réparer les torts», promet-elle.

Une circulaire a récemment rappelé aux forces de l'ordre, ASM compris, qu'il est inadmissible d'annoter un passeport. Ce document appartient non pas à son détenteur, mais à l'Etat qui l'émet. Aucune plainte du gouvernement roumain n'a été déposée pour le moment.

«On n’a pas donné d’ordre»

«En aucun cas instruction a été donnée aux ASM d’annoter les titres de voyage des mendiants roms», jure Antonio Pizzoferrato. Le chef du Service de la sécurité et de l’espace publics de la ville de Genève souligne par ailleurs que les agents de sécurité municipaux travaillent dans les groupes d’intervention communautaire en compagnie d’un gendarme. «Les ASM n’ont pas le droit de contrôler quiconque, car ce n’est pas de leur ressort», ajoute Antonio Pizzoferrato. Ils peuvent toutefois recenser le nombre de mendiants et informer les services sociaux s’ils constatent l’utilisation d’enfants à des fins de mendicité.

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