10.10.2017 à 18:52

Recrutement

Mentir pour ne pas grader, «ça n'arrive qu'en Suisse»

Une conférence internationale se penche cette semaine sur la psychologie militaire à Berne. La Suisse partagera ses expériences de recrutement, et en apprendra notamment sur les situations de guerre.

de
Pauline Rumpf
L'armée souhaite mieux comprendre les motivations des jeunes qui mentent lors du test psychologique du recrutement. Un projet devrait permettre, entre autre, d'avoir des statistiques plus précises de ces fausses données.

L'armée souhaite mieux comprendre les motivations des jeunes qui mentent lors du test psychologique du recrutement. Un projet devrait permettre, entre autre, d'avoir des statistiques plus précises de ces fausses données.

Keystone/dr

Cette semaine, des représentants de 25 armées venues du monde entier seront à Berne pour parler de psychologie militaire. Et si la Suisse, pays neutre et donc peu sur le terrain, a beaucoup à apprendre des autres, elle a aussi des choses à partager.

Recrutement, psychologie et mensonge

La Suisse présentera aux alliés les particularités de son processus de recrutement, et les tests psychologiques qu'elle fait passer à ses futurs soldats. «C'est une expérience qu'on peut partager avec d'autres armées», explique le Dr Hubert Annen, responsable des études de psychologie et pédagogie militaire à l'Académie militaire de l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ).

Ces examens psychologiques fonctionnent dans la pratique, estime le chercheur, mais doivent être perpétuellement améliorés. «Nous cherchons actuellement à affiner nos statistiques: il est difficile de savoir quel pourcentage de candidats faussent ces tests psychologiques, explique Hubert Annen. D'autant que, dans une armée de milice, nous sommes dans la situation où le mensonge servira à ne pas être retenu ou ne pas grader. Ça n'arrive qu'en Suisse.»

Difficile de faire grader

Le chercheur spécialisé dans la psychologie militaire rappelle que le recrutement de suffisamment de personnel est toujours un défi. C'est particulièrement le cas pour les armées professionnelles, en raison de la règle selon laquelle «lorsque l'économie va mal, les recrues affluent, mais il est plus difficile de rassembler assez de troupes lorsque le monde civil se porte bien et est attractif», explique-t-il.

En Suisse, l'armée de milice est moins touchée par ce problème grâce à la conscription. Elle rencontre par contre le défi compliqué de motiver un nombre suffisant de jeunes, compétents et motivés, afin de les faire accéder à des grades de cadres.

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