«Merci Papa Aimé»
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«Merci Papa Aimé»

Des dizaines de milliers de Martiniquais ont dit adieu dans une ambiance chaleureuse au poète Aimé Césaire.

La dépouille de l'écrivain a été acheminée à travers Fort-de-France jusqu'au stade de Dillon où doivent avoir lieu dimanche ses obsèques nationales.

Parti vendredi en milieu d'après-midi de la maison familiale des Césaire, le cortège était attendu dans la soirée à Dillon, dans le sud de la principale ville de l'île française de la Martinique, dont Aimé Césaire, décédé jeudi à 94 ans, a été le maire pendant 56 ans.

Le transfert, qui devait initialement durer trois heures, s'est prolongé jusqu'à la tombée de la nuit en raison de la densité de la foule massée le long du parcours.

Chants et applaudissements

Très émus, mais dans une ambiance sereine, souvent joyeuse, les habitants de Fort-de-France et des autres communes de l'île, tous âges confondus, ont applaudi le passage du fourgon transportant la dépouille de Césaire. Ils ont chanté en scandant le nom du poète ou en brandissant son portrait.

Des billets épinglés aux arbres témoignaient de l'émotion des Martiniquais: «Merci d'avoir contribué à l'émancipation du peuple noir», «Papa Aimé, tu voyageras toujours avec nous».

Dès le départ du cortège, une foule ininterrompue s'est massée le long des rues et des avenues, pour saluer celui qui fut la personnalité symbolique et le principal représentant politique de l'île pendant plus d'un demi-siècle.

Combat pour la justice

Accompagné de nombreux militants du Parti Progressiste Martiniquais (PPM) vêtus de blanc, le cortège a traversé plusieurs quartiers populaires, comme Trénelle ou Texaco, qu'il avait contribué à créer et à assainir.

Les grands axes de l'itinéraire avaient été choisis pour leur relation avec l'oeuvre d'Aimé Césaire et son combat pour l'émancipation des peuples et la justice, l'Avenue Jean Jaurès, la Rue Emile Zola ou l'Avenue Nelson Mandela.

A l'ancien Hôtel de Ville, où Aimé Césaire avait toujours son bureau, l'ex-candidate PS à l'Elysée Ségolène Royal s'est entretenue avec le maire de Fort-de-France, Serge Letchimy, et Pierre Aliker, l'un des plus proches compagnons de Césaire, aujourd'hui âgé de 101 ans.

Obsèques nationales

Après une veillée familiale jeudi soir, une veille à laquelle la population est conviée devait durer jusqu'à dimanche matin au stade de Dillon. Les obsèques nationales se tiendront dimanche après-midi en présence du président de la République Nicolas Sarkozy et de nombreuses personnalités.

Un hommage de la Nation extrêmement rare pour un écrivain, qui n'a été rendu depuis le XIXè siècle qu'à Victor Hugo, Paul Valéry (1945) et Colette (1954).

Transfert au Panthéon non souhaité

Interrogé par l'AFP sur le souhait évoqué par plusieurs responsables politiques d'un transfert de la dépouille du poète au Panthéon, le secrétaire d'Etat à l'Outre-mer Yves Jégo a estimé que l'idée ne correspondait «pas du tout aux souhaits de la famille et des Martiniquais».

Une importante délégation du Parti Socialiste conduite par François Hollande était notamment attendue à Fort-de-France, avec les anciens Premiers ministres Pierre Mauroy, Laurent Fabius et Lionel Jospin.

(ats)

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