Actualisé 05.03.2012 à 14:42

PolémiqueMère à 66 ans: les Suisses s'indignent

L'annonce de l'accouchement de jumeaux par une femme pasteur suisse à la retraite suscitait la polémique lundi dans le pays, de nombreux commentaires sur le Web dénonçant son «égoïsme».

«Honteux et égoïste»; «Elle n'a pensé à rien, c'est son gynécologue qui a pensé à son porte-monnaie»; «Ce n'est parce que c'est possible techniquement, qu'il faut le faire, où est passé le bon sens ?» La grande majorité des messages postés sur le Net étaient ceux d'internautes scandalisés par la nouvelle de l'accouchement de jumeaux par une retraitée de 66 ans.

Dans un commentaire, une journaliste du quotidien «Le Matin» dénonçait quant à elle «l'inconscience» et «l'égoïsme de la mère la plus âgée de Suisse». Et d'ajouter que lorsqu'ils seront adolescents, les jumeaux auront pour principal souci de trouver une place dans une maison de retraite pour leur mère, pour autant qu'elle soit encore en vie.

Naissance par césarienne

Cette femme, qui vit seule et dont l'identité n'a pas été révélée, a accouché il y a une quinzaine de jours de jumeaux à l'hôpital cantonal des Grisons à Coire, selon le journal SonntagsBlick.

L'information a été confirmée par l'établissement qui n'a pas souhaité donner davantage de précisions.

Selon le journal, il s'agit de la femme la plus âgée à avoir accouché dans le pays et elle est allée en Ukraine pour organiser sa grossesse. En 2010, une Suisse de 64 ans avait donné naissance à une fille.

Les enfants sont nés par césarienne et sont toujours en observation à l'hôpital, tout comme la mère, qui se déplace en déambulateur pour cause douleurs dues à sa cicatrice.

Intervention en Ukraine

Interrogée par le «SonntagsBlick», la maman la plus âgée de Suisse a déclaré que «c'est incroyable ce que la médecine permet de faire aujourd'hui». Avant d'ajouter qu'elle voulait «à présent profiter en toute tranquillité de cet évènement».

L'implantation d'ovule fécondé in vitro est interdite en Suisse, et c'est pourquoi elle s'est rendue en Ukraine où de tels procédés sont permis.

Actuellement, la femme, qui a choisi des prénoms bibliques pour ses jumeaux, Michael et Joshua, vit dans un appartement de quatre pièces, dans une maison ancienne dans le village de Grüsch, au fin fond du canton des Grisons.

«Garder le bon sens à esprit»

Interrogés, des voisins ont indiqué qu'elle vivait de façon très discrète et n'avoir pas remarqué sa grossesse, si ce n'est un léger embonpoint.

Et dans son village, les avis étaient contrastés. «C'est de l'égoïsme pur et simple, et ce n'est pas bien pour les enfants», a ainsi déclaré une voisine au «SonntagsBlick».

Mais l'adjoint au maire, Lorenz Casutt-Peng, s'est pour sa part réjoui, déclarant que «les enfants sont notre futur, et c'est bien que les enfants et la mère se portent bien».

Selon le professeur Olivier Irion, médecin-chef à l'Hôpital universitaire de Genève, interrogé par le journal Le Matin, «il faut accepter certaines limites de la nature, et garder le bon sens à esprit». Selon lui, il faudrait réserver les techniques de fécondation in vitro aux femmes plus jeunes qui souffrent d'infertilité ou de ménopause précoce.

En Ukraine, il n'y a pas de limite d'âge et des cliniques spécialisées font de la promotion sur internet, en proposant des solutions de «maternités par substitution», avec «dons» d'ovule fécondé par du sperme d'un donneur. Sur ces sites, les cliniques publient de nombreux témoignages de couples venus du monde entier pour avoir des enfants. (afp)

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