Actualisé 02.10.2008 à 18:01

Sommet Russie-Allemagne

Merkel défend la Géorgie, mais ne lui ouvre pas la porte de l'OTAN

La chancelière allemande Angela Merkel a affirmé jeudi en Russie que l'intégrité territoriale de la Géorgie n'était pas «négociable».

Elle a dans le même temps jugé prématuré un rapprochement dès décembre entre cette ex-république soviétique et l'OTAN.

«L'intégrité territoriale de la Géorgie reste non négociable», a déclaré Mme Merkel à Saint-Pétersbourg. Elle s'exprimait lors d'une conférence de presse commune avec le président russe Dmitri Medvedev à l'issue d'un sommet russo-allemand.

Les pays occidentaux dénoncent la reconnaissance par Moscou des territoires séparatistes de Géorgie, l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud, où près de 8000 soldats russes resteront déployés aux termes d'accords de coopération militaire fraîchement signés.

La chancelière s'est félicitée des «progrès dans l'application du plan de paix» en Géorgie, avec le déploiement des observateurs européens et le retrait prévu d'ici au 10 octobre des soldats russes. Elle a toutefois souligné que les discussions à venir de Genève sur la sécurité dans la région seraient «très difficiles».

Malgré les divergences

Conjuguant une fois de plus critique et esprit de dialogue envers Moscou, un exercice dont elle a le secret, la chancelière a insisté sur la nécessité de «continuer à discuter» avec Moscou, quelles que soient les «divergences».

Elle a surtout réaffirmé l'opposition de l'Allemagne à une entrée rapide de la Géorgie et de l'Ukraine dans l'OTAN, un point qui ne peut que satisfaire la Russie, farouchement opposée à l'arrivée de l'Alliance atlantique dans sa sphère d'influence.

L'octroi du MAP (Plan d'action en vue de l'adhésion) à ces deux pays, qui leur donnerait de facto le statut de candidat officiel à l'OTAN, reste prématuré, a-t-elle ainsi jugé. Lors de la réunion des ministres des affaires étrangères de l'OTAN en décembre, il y aura «une première évaluation sur le chemin du MAP, rien de plus rien de moins», a-t-elle insisté.

Climat d'apaisement

Dmitri Medvedev a mis l'accent sur le climat d'apaisement deux mois après le conflit géorgien. «Il serait inexact de dire que ces éléments n'ont pas eu d'influence sur notre coopération. Mais le dommage causé a été minimum», a-t-il assuré.

Le président russe a surtout eu beau jeu de fustiger les Etats- Unis dans la crise financière actuelle. «L'ère de la domination d'une économie (...) a été reléguée au passé une bonne fois pour toutes», a-t-il lancé.

Les deux dirigeants ont plaidé pour une nouvelle «architecture financière» mondiale. «Nous devons travailler ensemble à la création d'un nouveau système économico-financier plus juste, basé sur les principes de la multipolarité», a proposé M. Medvedev.

Les deux dirigeants se rencontraient pour la cinquième fois depuis l'élection de M. Medvedev en mars, signe de l'intensité du dialogue russo-allemand et de l'importance que Moscou accorde à Berlin. Ils se retrouvaient cette fois dans le cadre de consultations intergouvernementales annuelles.

Premier partenaire

Ces consultations ont permis de montrer que la coopération économique restait au beau fixe entre les deux pays, quels que soient les sujets de friction. Le groupe allemand EON a ainsi signé un accord avec le géant russe Gazprom lui octroyant une part de 25 % dans l'immense gisement gazier Ioujno-Rousskoïe, en Sibérie.

L'Allemagne est le premier partenaire commercial de la Russie, le volume des échanges entre les deux pays devant atteindre un record de 60 milliards de dollars cette année, selon le Kremlin.

(ats)

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