Libye: Merkel «surprise» de l'attitude de Paris
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LibyeMerkel «surprise» de l'attitude de Paris

La chancelière Angela Merkel s'est montrée «surprise» jeudi que la France ait reconnu le Conseil national de transition (CNT) de l'opposition libyenne et a mis en garde contre «l'emploi de moyens militaires» contre la Libye, selon un communiqué du Bundestag.

«Merkel s'est montrée surprise que la France ait reconnu le Conseil de l'opposition», selon ce communiqué du service de presse de la chambre basse du parlement qui rendait compte de propos de la chancelière tenus dans l'après-midi devant la Commission des Affaires européennes.

«Ce n'est pas une reconnaissance de droit international», a dit Mme Merkel, citée ainsi, en ajoutant: «Il y a une série d'activités françaises qui n'ont été connues que très récemment».

«La chancelière a souligné le scepticisme du gouvernement allemand concernant l'emploi de moyens militaires en Libye», ajoute le communiqué.

La France est devenue jeudi le premier pays à reconnaître l'organe de l'opposition au régime de Mouammar Kadhafi constitué à Benghazi, dans l'est de la Libye, et selon des sources proches du dossier, veut proposer vendredi à l'Union européenne des «frappes aériennes ciblées» contre la Libye.

Mme Merkel s'est aussi dite surprise de voir «à quelle vitesse certaines questions sont envisagées», selon les mots de la chancelière cités par le service de presse du Bundestag, qui ne précise pas de quelles questions la chancelière parlait.

«M. Kadhafi mène sans nul doute une guerre contre son propre peuple. Mais nous devons faire très attention à ne pas commencer ce que nous ne pouvons pas terminer», a dit Mme Merkel selon le communiqué.

La chancelière a aussi dit qu'une zone d'exclusion aérienne pouvait être rapidement exigée mais n'était pas si facile à concrétiser et que la condition première restait de faire avaliser d'éventuelles mesures par le Conseil de sécurité de l'ONU, selon des propos rapportés au discours indirect. Le soutien de la Ligue arabe et de l'Union africaine est aussi nécessaire, a dit la chancelière.

Pour Berlin, la question de la reconnaissance du CNT de l'opposition libyenne en tant que seule autorité légitime en Libye «ne se pose pas», avait indiqué jeudi matin une source haut placée.

«On ne reconnaît pas un gouvernement, on reconnaît un Etat. La question de la reconnaissance d'un conseil de rebelles ne se pose pas en droit international», avait dit ce haut responsable du gouvernement. (afp)

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