Patrouille des Glaciers: «Merveilleux, incroyable, difficile»
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Patrouille des Glaciers«Merveilleux, incroyable, difficile»

Dans des conditions magnifiques, la 21e Patrouille des Glaciers de l'histoire a ravi les participants. Surtout ceux qui, derrière, en ont profité un peu plus longtemps que les autres.

par
Robin Carrel
Verbier

C'est souvent un détail dans les émissions sportives ou dans vos journaux. Une sorte de marronnier, comme on dit, même si cette année, les journalistes étaient nombreux à avoir pris leurs quartiers le long de la rue du Centre sportif. Tous les deux ans, des milliers de personnes s'élancent entre Zermatt ou Arolla en direction de Verbier, à travers les montagnes. Et pour eux, sachez que ça veut dire beaucoup.

Il y a les habitués, les professionnels, les montagnards chevronnés... Ce sont eux qui arrivent au petit matin, au coeur de la station valaisanne. Ils font ça toute l'année et se lancent avec, pourquoi pas, l'objectif de battre le(ur) record de l'épreuve. Pour les premiers, ça l'a fait, pour d'autres aussi sur un plan plus personnel. Mais il y a aussi ceux qui se sont lancé un défi, des gens comme vous et moi, qui ont eu un soir l'ivresse des cimes et se dont dit «pourquoi pas».

Passer le «cut»

L'angoisse de l'entraînement, la hantise de ne pas passer le «cut» imposé après quelques kilomètres, le souci de décevoir ceux avec qui vous êtes encordé(e)s, la pensée aux membres de vos familles qui vous attendent à l'arrivée avec une bière ou un verre de fendant bien mérités, ou la peur de ne pas boucler une course pour laquelle vous vous êtes entraîné(e)s comme un damné et puis...

Et puis, la délivrance! Les derniers hectomètres et cette ligne d'arrivée qui s'offre soudain à vous. L'arrivée à Verbier, la fin de la souffrance tant physique que mentale et vos proches qui sont là, au moins aussi heureux que vous, parce qu'eux ont encore la force de l'exprimer. On y a croisé notamment Christine, Florence, Claire-Lise, ou encore Anthony, Ludovic et Jean-Claude, encore émerveillés de leur journée et pressés d'aller retirer ces satanées chaussures et de poser ce sac qui s'est alourdi au fil des kilomètres.

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La Patrouille des Glaciers a débuté mardi 17 avril 2018.

«Merci la Patrouille!»

«Merveilleux, incroyable, difficile, il faut vraiment aller chercher au fond de soi», nous a confié Claire-Lise, toute heureuse d'avoir pu boucler cette épreuve aux côtés de sa fille et d'une amie. «C'était juste inoubliable, a ajouté Florence, la descendante. Des paysages magnifiques, une organisation au top... Merci l'armée, merci la Patrouille! Ce n'était que du bonheur, je suis trop heureuse.» Les autres étaient tous du même avis. Dans des conditions exceptionnelles, tout le monde en a pris plein les yeux.

On y a aussi croisé Guy Parmelin, pour qui la Patrouille des Glaciers représente également beaucoup. «C'est une aventure humaine, c'est une grosse machinerie, une énorme organisation, nous a affirmé le patron du Département de la défense, de la protection de la population et des sports. Beaucoup de responsabilités pour l'armée, au niveau logistique, sécurité, conduite des hommes... Il faut assurer les transmissions. C'est quelque chose d'exceptionnel. La preuve en est la couverture médiatique, puisque, même sur le plan international, on s'intéresse à l'épreuve.» Avec 33 nationalités au départ, on veut bien le croire.

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