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«La Dame de fer»Meryl Streep fait son numéro

«La Dame de fer», qui raconte de manière plutôt hagiographique la vie de Margaret Thatcher, offre un rôle en or à la comédienne.

par
Fred Ferrari

«La Dame de fer» feuillette l'album souvenir de Margaret Thatcher.

De la première femme Premier Ministre du Royaume-Uni, on se souvient surtout des décisions impopulaires et du régime d'austérité qu'elle imposa à son pays et qui lui valurent le surnom de «Dame de fer». Mais qui sait comment grandit Margaret Tatcher, fille d'épicier habituée aux économies de bout de chandelle, fervente admiratrice de son père, syndicaliste. Qui sait les petites joies nées de petits riens, des escarpins dans un monde de Richelieu, la conduite d'une voiture, la complicité avec son mari (Jim Broadbend), indéfectible supporter dont le fantôme l'accompagna bien après sa mort. Qui imagine la douleur de cette mère qui insista pour écrire personnellement aux familles de chacun des soldats britanniques tombés aux Malouines...

Le point de vue de Madame

Souvenirs, souvenirs... C'est bien du point de vue de Margaret Thatcher qu'est racontée sa vie, au gré des souvenirs qui lui reviennent en mémoire au moment de dédicacer son autobiographie, ou au gré des visiteurs qui se succèdent dans son appartement. Même si Maggie n'était pas dupe du désamour dont elle fit l'objet, il n'empêche que ce n'est pas à un bilan historique objectif qu'invite «La Dame de fer».

Tout cela est orchestré à merveille par la réalisatrice Phyllida Lloyd, celle-là même qui révéla un versant ludique assez insoupçonné du talent de Meryl Streep dans «Mamma Mia!», en 2008.

Meryl Streep au sommet de son art

Depuis, la comédienne semble de plus en plus à l'aise devant la caméra de femmes. N'a-t-elle pas incarné une cuisinière hors norme sous la direction de Nora Ephron dans «Julie et Julia», puis une joyeuse divorcée dans «Pas si simple», mis en scène par Nancy Meyers?

La recordwoman de nominations aux Oscars se surpasse une nouvelle fois dans «La Dame de fer». Son interprétation y est si puissante qu'elle semble s'être fondue dans son personnage. Pas étonnant qu'elle soit donc nominée une fois de plus. Pas étonnant non plus que «La Dame de fer» n'ait décroché d'autre nomination que celle dans la catégorie «Meilleur maquillage». Mais il faut reconnaître que l'écrin taillé par Phyllida Lloyd sert à merveille le talent de son interprète.

«La Dame de Fer»

De Phyllida Lloyd.

Avec Meryl Streep, Jim Broadbent, Alexandra Roach.

Sortie le 15 février 2012

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