Actualisé 08.04.2020 à 06:53

Coronavirus à Lausanne

«Mes 200 heures en plus passent à la poubelle»

Face au covid-19, Lausanne a dû revoir l'organisation de son personnel. Les salaires sont garantis mais les heures de travail fournies en plus par les salariés ne pourront pas être récupérées. Une nouvelle qui passe mal pour certains.

de
Valentina San Martin
Keystone

Employé aux services industriels de la ville de Lausanne, Marco* est tombé des nues à la lecture d'un courrier de la Municipalité fin mars. Cette lettre l'informe qu'il y aura du changement, notamment dans la comptabilisation de ses heures de travail en raison des mesures contre la propagation du covid-19.

Les informations sont claires: l'entier du personnel ne pouvant pas se rendre sur divers sites pour cause de fermeture continuera d'être payé. Les salariés dans l'impossibilité d'effectuer leur temps de travail à partir du 16 mars n'auront pas à rattraper leur heures manquées et percevront leur salaire. Quant au personnel ayant un solde à 0, la ville s'engage à les payer normalement. Néanmoins, les employés ayant effectué trop d'heures se verront tout d'abord débiter ce solde.

Une inégalité de traitement difficile à avaler

C'est précisément cette mesure qui fâche Marco: «On veut remettre les compteurs de tout le monde à zéro. Du coup, on pioche dans les heures des gens qui ont le plus bossé».

Un vrai coup de massue pour ce fonctionnaire qui a plus d'un mois d'heures en plus au compteur. «Ce sont plus de 200 heures en plus cumulées durant des mois qui vont passer à la poubelle. Cela représente plusieurs semaines de travail en plus, soit presque 10'000 francs de salaire. Pour ceux qui partaient en faisant juste leurs heures ou ceux qui partaient tous les jours plus tôt et qui prenaient des jours de congé, c'est tout bénef'», explique l'employé.

Pour lui, ce sont les plus travailleurs qui sont pénalisés. «Ce qui me dérange, c'est qu'il y en a qui ont plus à perdre que d'autres. On sera tous payés et tant mieux. Sauf que moi, on prend sur mes heures fournies en plus», conclut-il.

La solution la plus juste

La conseillère municipale chargée des Finances Florence Germond note que la Municipalité s'est efforcée de mettre en place un système juste dans ces temps troublés par la pandémie. Ainsi, déduire les heures excédentaires au personnel ne pouvant assurer un horaire de travail habituel tout en maintenant un salaire à 100% est paru comme étant la mesure la plus adéquate.

«Près de 1000 collaborateurs ont dû être renvoyés à la maison sans possibilité de travailler. Leur salaire est garanti à 100%. Dès lors, ils peuvent gérer leur temps comme ils le souhaitent», rapporte la politicienne. Elle note également que dans la majorité des cas, les collaborateurs ne se verront pas déduire des heures supplémentaires commandées par l'employeur mais des heures optionnelles qui dépendent de la gestion personnelle de chaque employé.

Elle ajoute que les personnes comme Marco ayant effectué plus d'une centaine d'heures en plus ne sont pas représentatifs: «Ce sont des exceptions peu nombreuses».

* Prénom d'emprunt

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