Actualisé 20.02.2017 à 21:56

Genève«Mes parents m'aident, ce serait impossible sinon»

Des stagiaires se sont réunis lundi devant l'ONU à Genève pour demander à être enfin rémunérés.

de
Léonard Boissonnas

Le rassemblement s'est tenu sur la Place des Nations.

«Certains employés onusiens sont très bien payés, tandis que les stagiaires ne le sont pas du tout, je trouve que c'est paradoxal.» Avec quelque 200 personnes, ce Français de 22 ans, qui a débuté un stage il y a six mois, a répondu à l'appel de Fair Internship Initiative, qui milite en faveur des apprentis de l'ONU. Leur objectif: être payés, tout simplement. D'autres villes dans le monde ont connu pareilles manifestations.

Il faut dire qu'avec la cherté de la vie au bout du lac, seuls ceux qui en ont les moyens peuvent accéder à un stage, comme l'indique un Zimbabwéen de 25 ans: «Mes parents m'aident, sinon ce serait impossible», dit-il. En 2015, l'action d'un Néo-Zélandais, qui avait dormi sous tente pour dénoncer sa situation précaire, avait mis en lumière le problème.

Deux ans après, les choses pourraient évoluer, espèrent des manifestants. «On place beaucoup d'espoir dans la nomination d'Antonio Guterres comme secrétaire général des Nations Unies, souffle un ancien stagiaire. Il est beaucoup plus sensible à la question que son prédécesseur Ban Ki-moon.» De son côté, l'ONU déclare «comprendre le point de vue» des manifestants, mais précise que «la question de les rémunérer dépend des Etats membres.»

«La situation à l'ONU est préoccupante et la Suisse en tant que membre a son mot à dire, estime la conseillère nationale Lisa Mazzone, soutien du mouvement. Mais dans notre pays, il existe aussi des abus.»

Le cadre fédéral est encore à préciser

Rappelant que les cantons de Genève et Neuchâtel ont publié une liste de critères définissant ce qu'est un stage, Lisa Mazzone a déposé en décembre un postulat au Parlement pour demander un rapport exhaustif sur la situation en Suisse. «L'objectif est d'avoir un panorama plus clair et évaluer la possibilité de poser un cadre légal au niveau fédéral», explique l'élue verte genevoise au Conseil national.

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