20.11.2017 à 21:19

Valais

«Mes poux partis, je revis»

Des parasites se sont incrustés dans le cuir chevelu d'une femme depuis 2015. Elle revient sur son calvaire et décrit sa traversée du désert.

de
Abdoulaye Penda Ndiaye
Les cheveux de Nathalie* avant son traitement et après. dr

Les cheveux de Nathalie* avant son traitement et après. dr

«Ça me grattait sans cesse. Je sentais tout le temps leur déplacement sur ma tête. Les traitements en pharmacie n'ont rien donné de concluant: au bout de quelques semaines, les poux revenaient toujours. De 2015 à cet été, j'ai vécu l'horreur.» Nathalie*, une Valaisanne de 25 ans, revient de loin. Son combat contre les parasites teigneux qui avaient élu domicile dans son cuir chevelu a été long et pénible. «J'avais honte d'aller chez la coiffeuse. Au travail, je mettais une perruque», relève l'employée de commerce.

L'affaire était d'autant plus incompréhensible que ni ses trois frères ni sa maman avec lesquels elle vivait n'avaient de poux. «Je ne connais pas l'origine de cette contagion mais, écarte Nathalie, je n'ai aucun problème d'hygiène.» Mal en point, le moral déclinant, elle a été en arrêt maladie puis a fini par perdre son job au printemps.

«Elle avait des lentes partout. C'était le déluge. Je n'avais jamais vu un cas si grave! Les poux étaient devenus résistants aux traitements», se souvient la spécialiste qui a soigné Nathalie avec un procédé d'air chaud à débit contrôlé.

«Je suis enfin débarrassée des poux. Je revis», sourit la jeune Valaisanne, qui a retrouvé un job en octobre. Soit un nouveau départ sans les indésirables du cuir chevelu. Mais aux côtés de son ami, qui l'a soutenue tout au long de son calvaire.

* Prénom d'emprunt

Problème fréquent en milieu scolaire

Dérangeants mais pas dangereux, ils suscitent la hantise des parents. Les parasites touchent 85% des élèves. «En cas de poux sur la tête de leur enfant, les parents doivent commencer le traitement et informer l'école. Le dépistage de toute la famille est recommandé», rappelle le Dr Olivier Duperrex, responsable de la santé scolaire vaudoise. Aucun des produits actuellement vendus en pharmacie n'est remboursé par l'assurance de base.

Clinique pour éradiquer les parasites

Lice Clinics of Switzerland, premier centre antipoux du pays, a démarré ses activités cet été à Renens (VD). «Les poux sont aussi bien attirés par les cheveux sales que les propres, mais il semblerait que l'adhérence soit facilitée sur ces derniers», relève la directrice, Sonia Troyon. Les ados et jeunes adultes sont de plus en plus touchés. «Les 14-25 ans représentent 40% de notre clientèle. Le selfie en groupe est un vecteur potentiel de contamination», poursuit Sonia Troyon.

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