Actualisé 24.06.2013 à 07:38

Floride - USA

Meurtre de Trayvon: le procès commence

Un jury entièrement féminin écoutera à partir de lundi en Floride les plaidoiries de la défense et de l'accusation de George Zimmerman, inculpé du meurtre d'un jeune Noir non armé.

Le procès, qui devrait durer entre quatre et six semaines, s'annonce tendu et très suivi, sur fond de débat sur la violence liée au droit à posséder des armes à feu et réveillant ce vieux démon du racisme dans la société américaine.

«Ça a toujours été une affaire d'égalité devant la justice», ont souligné les avocats de la famille de Trayvon Martin dans un communiqué. «Devant la loi, il n'y a pas de valeur blanche ou de valeur noire. C'est une valeur américaine», ajoutent les Martin.

Les parents de l'adolescent, Tracy Martin et Sybrina Fulton, affirment croire «fermement que lorsque les membres du jury verront au cours des prochaines semaines les preuves accablantes, ils condamneront George Zimmerman pour assassinat».

Six femmes, et quatre remplaçants --dont deux hommes--, ont été choisis jeudi pour former le jury, à l'issue de neuf jours d'entretiens avec des centaines de personnes du comté de Seminole (centre de la Floride), où a eu lieu le crime le 26 février 2012.

Cinq jurés blanches et une hispanique

Cinq des six femmes jurés sont blanches et la sixième est hispanique, selon des médias locaux. Ces femmes seront toutes isolées dans un lieu tenu secret de leurs familles jusqu'à la fin du procès.

Ancien veilleur de nuit volontaire, George Zimmerman, 29 ans, est poursuivi pour le meurtre sans préméditation du jeune Trayvon Martin, 17 ans, qui allait rendre visite à son père en marchant, non armé, par une nuit pluvieuse avec une capuche.

Le procès devra éclaircir les circonstances de l'altercation entre les deux jeunes, à l'issue de laquelle George Zimmerman a tiré sur Trayvon Martin. Il a alors expliqué à la police qu'il s'était simplement défendu, et avait ainsi échappé aux menottes.

L'affaire avait rapidement pris des proportions nationales, de nombreux défenseurs des droits civiques brandissant le spectre du crime racial, au point de faire réagir Barack Obama, premier président noir des Etats-Unis: «Si j'avais un fils, il ressemblerait à Trayvon», avait-il déclaré, ému.

«Les accusations de racisme sont sans fondement»

Le frère de Zimmerman avait balayé d'un revers de main les allégations de racisme, au premier jour du procès le 10 juin. «Les accusations de racisme sont sans fondement, elles font partie d'une histoire erronée et inventée de toute pièce par les médias, pour insister sur le fait que George était blanc; mais nous ne sommes pas blancs, mon père est Américain et ma mère est Péruvienne», avait déclaré à l'AFP Robert Zimmerman, 32 ans.

La question de la légitime défense devrait être au coeur des débats. En Floride, il est en effet devenu difficile de poursuivre quelqu'un ayant tiré sur un autre civil depuis qu'une loi sur la légitime défense adoptée en 2005 offre l'immunité dans la plupart des cas.

Celle-ci permet à quiconque de se défendre en cas de menace sans que l'usage d'une arme soit envisagé comme dernier recours. Ce type de législations existe dans d'autres Etats mais la Floride est celui qui compte le plus de personnes armées. Les avocats de Zimmerman ont cependant choisi de ne pas bâtir leur défense sur cette loi, stratégie jugée trop risquée.

(afp)

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