Actualisé 12.04.2017 à 13:09

Tribunal fédéralMeurtre du beau-frère: prison à vie confirmée

La peine de l''homme, qui a tué en 2012 son beau-frère à Chavannes-près-Renens (VD), est confirmée par le TF.

DR/Photo d'illustration

L'affaire avait soulevé une forte émotion. Le 29 octobre 2012, l'homme, né en 1985 au Kosovo, a abattu de trois balles son beau-frère dans un box de la banlieue lausannoise sans lui laisser la moindre chance de s'échapper.

Mépris absolu

Un acte commis avec un sang froid «sidérant» et démontrant «un mépris absolu de la vie humaine», selon le jugement en appel du Tribunal cantonal vaudois de décembre 2015. Par cette «véritable exécution», le trentenaire voulait punir son beau-frère qui avait pris parti pour sa soeur victime de violences domestiques extrêmes.

Cet homme a fait régner un régime de «terreur» dans son foyer. Il a battu sa femme à de multiples reprises entre 2008 et 2012, souvent en présence des deux enfants qui devaient aussi assister à leurs relations sexuelles. Il a proféré des menaces de mort à de très nombreuses reprises envers sa femme et sa famille, écrit la justice.

Planification minutieuse

Fin septembre 2012, outré par le départ de son épouse et des enfants, l'homme a décidé de s'en prendre à son beau-frère. Il a procédé à des repérages du domicile et a préparé sa fuite en renouant notamment avec un ami à la Chaux-de-Fonds. Il devait partir début novembre pour la Roumanie avec sa maîtresse.

Dans son arrêt publié mercredi, le Tribunal fédéral rejette tous les arguments du recourant. Qu'il s'agisse de sa situation personnelle, des regrets prononcés durant l'audience, de ses affirmations sur l'amour porté à ses enfants ou des particularités de la réalité kosovare, la Haute Cour estime que le Tribunal cantonal n'a fait preuve d'aucun arbitraire dans son jugement.

Absence de scrupules

Sur la question de l'assassinat ou du meurtre, le recours demandant cette seconde qualification avec une peine réduite à une durée «pas supérieure à dix ans», le Tribunal fédéral se montre plus disert. L'assassinat se distingue du meurtre ordinaire par le fait que l'auteur a tué avec une absence particulière de scrupules.

Alors que le meurtrier agit pour des motifs plus ou moins compréhensibles, généralement dans une situation conflictuelle, l'assassin est une personne qui agit de sang-froid, sans scrupules, qui démontre un égoïsme primaire et odieux et qui, dans le but de poursuivre ses propres intérêts, ne tient aucun compte de la vie d'autrui, note le TF.

Une véritable exécution

Dans le drame de Chavannes-près-Renens, la manière d'agir «évoque une véritable exécution». Avec une absence particulière de scrupules et un égoïsme primaire «caractéristiques de l'assassin», estime la Haute Cour.

En conclusion, le Tribunal fédéral juge que la Cour cantonale vaudoise n'a omis ou pris à tort aucun élément important qui aurait pu modifier la peine. Elle n'a donc pas abusé de son pouvoir d'appréciation en condamnant cet homme à la prison à vie. (arrêt 6B_326/2016) (nxp/ats)

(NewsXpress)

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