Actualisé 26.01.2017 à 07:56

Etats-UnisMexico condamne le projet de mur de Donald Trump

Le président mexicain a promis de défendre ses compatriotes. L'opposition dénonce son prochain voyage à Washington.

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Donald Trump sur le point d'entrer dans la Maison Blanche, ce vendredi 20 janvier 2017.

Donald Trump sur le point d'entrer dans la Maison Blanche, ce vendredi 20 janvier 2017.

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Donald Trump était sur le point d'entrer dans la Maison Blanche, ce vendredi 20 janvier 2017. Capture d'écran Youtube CNN

Donald Trump était sur le point d'entrer dans la Maison Blanche, ce vendredi 20 janvier 2017. Capture d'écran Youtube CNN

AFP
Le nouveau président américain Donald Trump, son épouse Melania et leur fils Barron sont brièvement sortis de la limousine présidentielle pour saluer la foule le long de la parade sur Pennsylvania Avenue, entre le Capitole et la Maison Blanche, vendredi à Washington. (Vendredi 20 janvier 2017)

Le nouveau président américain Donald Trump, son épouse Melania et leur fils Barron sont brièvement sortis de la limousine présidentielle pour saluer la foule le long de la parade sur Pennsylvania Avenue, entre le Capitole et la Maison Blanche, vendredi à Washington. (Vendredi 20 janvier 2017)

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Enrique Peña Nieto a condamné mercredi le projet de son homologue américain Donald Trump de construire un mur à la frontière entre les deux pays, et s'est engagé à défendre les migrants mexicains aux Etats-Unis alors que Donald Trump a signé mercredi un décret lançant le projet de construction de ce mur, pour endiguer l'immigration illégale vers les Etats-Unis.

«Je regrette et condamne la décision des Etats-Unis de continuer la construction du mur qui depuis des années, au lieu de nous unir, nous divise» a affirmé le président mexicain dans un bref message vidéo diffusé sur son compte Twitter.

Plusieurs personnalités de l'opposition mexicaine l'ont exhorté mercredi à annuler également sa rencontre avec Donald Trump. «L'annonce de la construction du mur de @realDonaldTrump avant la visite d'@EPN (Pena Nieto) est un affront au Mexique» a écrit sur Twitter Margarita Zavala, potentielle candidate du parti conservateur (PAN) à l'élection présidentielle de 2018. «La visite doit être remise en cause», a-t-elle ajouté, agrémentant son message d'un hashtag en espagnol: «Non au mur».

Donald Trump a signé mercredi un décret lançant le projet de construction d'un mur à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique. Il s'agit de la promesse la plus emblématique de sa campagne.

Cette décision intervient au moment où les ministres mexicains des Affaires étrangères et de l'Economie se trouvent à Washington pour préparer une rencontre entre le président américain et son homologue mexicain prévue pour le 31 janvier, cinq mois après une visite de M. Trump au Mexique, critiquée à l'époque par l'opposition. Le porte-parole de Pena Nieto, Eduardo Sanchez, n'a pour l'heure pas voulu réagir à l'annonce de Donald Trump.

«Acte hostile»

Armando Rios Piter, sénateur du Parti de la révolution démocratique (PRD, gauche), troisième parti politique plus important du pays, a appelé le chef de l'Etat mexicain à annuler son voyage aux Etats-Unis, qualifiant le lancement du projet de mur d'«acte hostile».

Pour le sénateur Miguel Barbosa, un des dirigeants du PRD, le mur et l'«attaque» contre les «villes-sanctuaires» aux Etats-Unis - qui entendent protéger les immigrants clandestins - sont des «actes d'agression envers le Mexique, envers l'Amérique latine, contre le monde, contre la liberté».

Donald Trump a aussi annoncé dimanche vouloir renégocier l'Accord de libre-échange nord-américain (Aléna), entré en vigueur en 1994, avec le Mexique et le Canada.

Le ministre mexicain de l'Economie Ildefonso Guajardo a averti mardi que son pays pourrait se retirer du traité de libre-échange si les négociations portaient atteinte aux intérêts du Mexique.

Le sénateur du PAN Roberto Gil a de son côté considéré que les visites de délégations mexicaines à Washington «n'avaient de sens que pour signifier (aux Américains) qu'il n'y aura pas de rencontre» entre Enrique Pena Nieto et Donald Trump la semaine prochaine.

Quant à l'ancien président mexicain Vicente Fox, il s'en est pris avec virulence au porte-parole de la Maison Blanche : «Sean Spicer, je l'ai dit à @realDonaldTrump et je vous le dis maintenant : le Mexique ne paiera pas pour ce putain de mur. #Putaindemur», a-t-il grondé sur Twitter.

- Inquiétude à la frontière -

Au poste frontière entre Tijuana (nord-est) et San Diego en Californie, des Mexicains ne cachaient pas leur inquiétude. «Beaucoup de gardes (frontières) sont très despotiques et arrogants, et Trump leur donne carte blanche pour l'être davantage encore», regrettait Julian Tamayo, 49 ans, tandis qu'il patientait dans son véhicule avec sa femme et sa fille au milieu d'une longue file d'attente pour se rendre aux Etats-Unis, où il travaille.

Pour Hector Renteria, un étudiant en architecture de 29 ans, les migrants «trouveront d'autres façons de traverser» illégalement. Mais il craignait que le mur «n'affecte le trafic et que les contrôles soient encore plus stricts», a-t-il dit à l'AFP.

Enrique Peña Nieto a promis lundi qu'il n'y aurait «ni confrontation ni soumission» dans les négociations avec l'administration Trump, qui vont porter sur le commerce et l'immigration notamment. (afp)

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