Etats-Unis: Michael Brown atteint d'au moins six balles
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Etats-UnisMichael Brown atteint d'au moins six balles

L'autopsie du corps de l'adolescent noir montre qu'il a été tué de six balles, dont deux à la tête. A Ferguson des militaires sont déployés afin de contenir les émeutes.

La ville de Ferguson, dans le Missouri, a connu sa pire nuit d'émeutes depuis la mort d'un jeune Noir tué le 9 août par un policier dans des circonstances controversées incitant le gouverneur de l'Etat à ordonner le déploiement de militaires. La Garde nationale est attendue dans la matinée.

Les manifestations, qui avaient commencé dans le calme, ont dégénéré quelques heures avant le couvre-feu dimanche à minuit. Elles «ont été entachées par les actes criminels violents d'un nombre croissant d'individus organisés, dont bon nombre venaient de l'extérieur de la communauté et de l'Etat», a expliqué le gouverneur Jay Nixon, qui a mobilisé les militaires sous ses ordres pour aider la police «à rétablir la paix et l'ordre».

«Des cocktails Molotov ont été lancés. Il y a eu des tirs, des pillages, du vandalisme et d'autres actes de violence qui, à l'évidence, ne paraissent pas avoir été spontanés, mais prémédités (...) pour provoquer une réaction», selon le capitaine Ron Johnson, chargé du maintien de l'ordre.

Au moins deux manifestants blessés

Le chef de la police de la route du Missouri avait lui-même été désigné pour relever les policiers de Ferguson et du comté dont les méthodes de maintien de l'ordre ont contribué à accroître les tensions. Au moins deux manifestants ont été blessés par balle, selon le capitaine Johnson.

Peu avant 21h, des centaines de manifestants ont marché vers le quartier général de la police et lancé de nombreux projectiles sur les policiers, a ajouté le capitaine Johnson. «A partir de ce moment-là, je n'avais pas d'autre choix que de relever le niveau de notre réponse», a souligné, celui qui a été vu pendant un temps comme l'homme providentiel pouvant ramener un semblant de calme.

La police, lourdement équipée, a finalement dispersé les manifestants, majoritairement des jeunes, avec des gaz lacrymogènes, en progressant avec des véhicules blindés. Le président Barack Obama qui, pour l'heure, s'est exprimé seulement brièvement sur cette affaire qui fait la une depuis une semaine, doit être informé dans l'après-midi par le ministre de la Justice.

Touché au sommet du crâne

Michael Brown, un jeune Noir de 18 ans non armé, est mort après avoir essuyé au moins 6 tirs d'un policier blanc le 9 août dernier, drame qui a ravivé le spectre du racisme aux Etats-Unis dans une ville à majorité noire, et dont la police et ses dirigeants sont très majoritairement blancs. Les avocats de la famille donneront une conférence de presse lundi à 10h30 (14h30 GMT) et pourraient apporter de nouvelles informations sur les premières constatations d'une nouvelle autopsie, réalisée à la demande de la famille.

«Nous avons pensé qu'il était important de rendre public le fait qu'il y a eu au moins six tirs et que le policier a neutralisé le jeune homme avec un tir qui l'a atteint au sommet de son crâne, sans sommation. C'est ce qui ressort clairement de cette autopsie», a déclaré lundi Daryl Parks, l'un des avocats de la famille, sur CNN.

Selon Michael M. Baden, le légiste mandaté par la famille interrogé par le «Wall Street Journal», le jeune homme a reçu une balle au sommet du crâne, une autre au niveau du front et il a été touché quatre fois sur un bras. Le Ministère de la justice a demandé sa propre autopsie pour tenter de faire la lumière sur les circonstances de la mort du jeune homme.

Les versions de la police et de plusieurs témoins divergent. Pour les uns, Michael Brown aurait tenté de se saisir de l'arme de service du policier qui l'a abattu, pour les autres il avait les mains en l'air. Aucune trace de lutte n'a été retrouvée sur son corps, a indiqué lundi un médecin légiste, après une autopsie.

Les violences de la nuit contrastaient avec l'hommage pacifique rendu à Michael Brown plus tôt dans la journée. Devant des centaines de personnes rassemblées à l'église Greater Grace pour demander «justice pour Michael Brown», Ron Johnson, lui-même Noir et originaire de la ville, avait implicitement critiqué la police de la ville et promis de rester «autant qu'il le faudra». «Je porte cet uniforme et face à vous je vous dis que je suis désolé», a lancé le capitaine.

«Mains en l'air»

A la place des parents trop émus pour parler, leur avocat, Benjamin Crump, a résumé les principaux griefs de la communauté noire: la lenteur de l'enquête et la communication confuse de la police donnant l'impression d'accuser la victime. «On va regarder de près l'autopsie, le rapport balistique pour voir la trajectoire des balles, on saura qu'il s'est agi d'une exécution, a indiqué l'avocat. Tous les témoins ont dit qu'il (Michael Brown) avait les mains en l'air et que la police a continué à tirer.»

La police locale avait diffusé vendredi - en même temps que le nom du policier incriminé - une vidéo montrant un jeune homme à la haute stature, présenté comme Michael Brown, qui volait des cigares, vingt minutes avant d'être abattu. La diffusion simultanée de la vidéo et de l'identité du policier avait été largement interprétée comme une manoeuvre de la police locale pour se dédouaner et a réveillé les tensions qui s'étaient un peu apaisées.

(ats)

Pétition pour équiper la police de caméras

Une pétition pour équiper tous les policiers américains d'une caméra embarquée va être examinée par la Maison Blanche après la mort récente d'un jeune Noir non-armé tué par un gardien de la paix à Ferguson (Missouri), secouée depuis par des émeutes. Lundi matin, le texte, qui appelle au vote de la loi Mike Brown, du nom de ce jeune Noir de 18 ans, mort le 9 août après avoir essuyé au moins 6 tirs d'un policier blanc, avait récolté plus de 112'000 signatures. Selon un programme mis en place par le président Obama, la Maison Blanche est contrainte de se pencher sur toute pétition ayant rassemblé plus de 100'000 signatures. La pétition propose que chaque policier national et municipal soit équipé d'une mini-caméra portée sur le corps afin «non seulement d'éviter toute mauvaise conduite mais également assurer le respect des procédures». Les habitants de la ville de Ferguson, à majorité noire mais surtout dirigée par des Blancs, manifestent depuis une semaine leur colère dans la rue car ils estiment que le policier a agi en toute illégalité lors de ce drame qui a ravivé une nouvelle fois le problème du racisme aux Etats-Unis. L'utilisation de caméras embarquées dans d'autres localités américaines a permis de réduire drastiquement le nombre de plaintes déposées à l'encontre de policiers. Dans la ville de Rialto en Californie, l'utilisation de la force par la police a baissé de 60% et les plaintes contre les forces de l'ordre ont baissé de 88%, selon le New York Times.

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