Tour de France: Michael Schär, l'équipier modèle
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Tour de FranceMichael Schär, l'équipier modèle

Le maillot à croix blanche sera en vue sur le Tour de France. Le mètre 98 du tout frais champion de Suisse risque d'être souvent à l'avant du peloton pour protéger son leader. En attendant mieux, peut-être...

par
Robin Carrel
Ce travailleur infatigable n'exclut toutefois pas de pouvoir tenter sa chance en la jouant «perso» en troisième semaine.

Ce travailleur infatigable n'exclut toutefois pas de pouvoir tenter sa chance en la jouant «perso» en troisième semaine.

«C'est un immense talent. J'espère que cette victoire lui servira de déclic.» Richard Chassot, le président de Swiss Cycling, était tout à sa joie au terme des récents Championnat de Suisse sur route. A 26 ans, Michael Schär, très prometteur chez les juniors au point de rivaliser avec un certain Fabian Cancellara en contre-la-montre, venait enfin de gagner sa première épreuve chez les professionnels. Mais pour l'émancipation totale de l'Alémanique qui parle un français quasi parfait, il va falloir attendre encore un peu.

Le coureur, lui, ne voit pas forcément sa position d'équipier au sein de la BMC comme un manque d'ambition. «On a une grande équipe, assure-t-il. Mieux vaut gagner un Tour de France en courant aux côtés de Cadel Evans que de remporter mon étape personnelle. Bien sûr que j'espère franchir un palier et faire comme quand j'étais chez les M23 ou chez les juniors. Mais je suis fort pour aider. La preuve, on me prend toujours au Tour de France.»

On peut être d'accord ou pas avec les tactiques mises en place par John Lelangue - si vous les comprenez, c'est certainement qu'on vous a mal expliqué... -, mais pour le Lucernois qui dispute déjà son cinquième grand tour (un Giro, une Vuelta et dorénavant trois Tours de France), les choses sont limpides. «Dans notre formation, la structure est claire. Il y a trois coureurs présents pour rouler dans la plaine, trois autres pour accompagner les meilleurs en montagne et les deux leaders que sont Cadel Evans et Tejay van Garderen. Moi, j'ai toujours le même boulot à faire dans les étapes de plat.»

Dans un environnement comme la Grande Boucle, les stars sont nombreuses, les histoires de dopage font régulièrement la une et le travail collectif est trop rarement mis en exergue. «Mais le vélo, c'est comme le football, indique Schär. Il faut aussi des gens pour faire des passes afin de pouvoir marquer un but.» Ce travailleur infatigable n'exclut toutefois pas de pouvoir tenter sa chance en la jouant «perso» en troisième semaine, lorsque les organismes seront marqués par l'effort. «Un groupe peut se former à l'avant et prendre un peu de temps. Si je suis dedans, je suis sûr que je peux en gagner une.» En espérant que son rôle de passeur n'ait pas éclipsé son sens du but.

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