Actualisé 16.05.2008 à 10:09

Michel Fourniret ne veut plus s'expliquer

Michel Fourniret ne cesse de changer d'avis. Alors qu'il avait accepté la semaine dernière de s'exprimer sur les faits qui lui sont reprochés, il a décidé vendredi de ne plus répondre aux questions.

Dans la matinée, malmené à plusieurs reprises par Me Didier Seban qui le questionnait sur la mort de Jeanne-Marie Desramault, Michel Fourniret a d'abord menacé de «rentrer dans (sa) coquille», refusant de se «laisser impressionner par un petit avocat de merde».

Moins d'une heure après le début de l'audience devant la cour d'assises des Ardennes, qui avait commencé peu après 09h30, Michel Fourniret a ensuite décidé de se taire. «J'ai voulu prendre la parole. J'ai toutes raisons de le regretter. Je reprends ma parole. Terminé».

Le 7 mai dernier, pressé par sa seconde épouse et deux de ses enfants, il avait accepté de parler, ce qu'il refusait alors de faire depuis l'ouverture du procès, donnant sa «parole» aux avocats qu'il répondrait à leurs questions dès la reprise de l'audience, le mardi suivant le pont de la Pentecôte. A un avocat qui lui demandait s'il respecterait sa parole, l'accusé avait répondu: «Je n'en ai pas deux».

Vendredi matin, en dépit d'une suspension de dix minutes ordonnée par le président de la cour d'assises, Gilles Latapie, les avocats de Michel Fourniret n'ont pu le faire changer d'avis. Ni ceux des parties civiles, à l'exception de Me Seban, qui l'ont supplié de reprendre la parole.

«On ne va pas jouer des semaines comme ça», a alors dit le président en lui demandant de modifier sa position pour «répondre aux attentes légitimes des familles», avant de rappeler que la cour a aménagé deux matinées d'audience supplémentaires pour qu'il puisse s'exprimer. «Vous allez vous arrêter au milieu du gué?», l'interroge le président. Réponse: «Je vais m'arrêter au milieu du gué». Conclusion du président: «C'est extrêmement dommageable pour les membres des familles qui restent».

Cinq crimes devaient être examinés vendredi matin par la cour: ceux de Jeanne-Marie Desramault, Elisabeth Brichet, Natacha Danais, Céline Saison et Mananya Thumpong.

A la mère de cette dernière qui souhaitait lui poser deux questions, Fourniret a refusé de répondre car il faudrait prendre la parole. Mais il n'a pu s'empêcher de dire quelques mots: «Je suis debout pour m'exposer aux insultes que je mérite mais quelque question que ce soit, je n'y répondrai pas».

A sa suite, Jean-Pierre Laville, père d'Isabelle, la première victime de Fourniret, prend la parole et demande à l'accusé, qui a déjà perdu deux enfants, s'il est prêt à en perdre un troisième, sa fille Anne, à qui il a promis mercredi dernier qu'il parlerait. Silence de l'accusé. «Pas besoin de faire de psychologie, vous vous donnez en spectacle. Vous jouez une comédie immonde vis à vis des familles», a lancé son épouse, Marie-Jeanne, à l'accusé.

Avant qu'il ne refuse de s'exprimer, Michel Fourniret avait donné quelques détails macabres sur sa mise à mort de Jeanne-Marie Desramault, évoquant une «perle de sang» à l'angle de sa paupière résultant de la strangulation.

Mettant hors de cause Monique Olivier dans ce crime, juste spectatrice, il a pourtant assuré que sa femme lui avait conseillé, juste après avoir tué Elisabeth Brichet, de ne pas parler à ses victimes. Ce que Monique Olivier a démenti.

L'audience a été suspendue. Elle reprend à 13h15 avec l'audition d'experts psychiatres. (ap)

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