Actualisé 01.05.2011 à 19:54

1er maiMicheline Calmy-Rey insultée

La fête du travail a rassemblé des dizaines de milliers de personnes dimanche dans les rues des villes suisses. A Zurich, Micheline Calmy-Rey a été apostrophée par des anarchistes pendant son discours.

La présidente de la Confédération a été malmenée à Zurich.

La présidente de la Confédération a été malmenée à Zurich.

Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté ce week-end dans plus de 50 localités à l'occasion de la fête du travail, selon l'USS. A Zurich des anarchistes ont apostrophé dimanche la présidente de la Confédération Micheline Calmy-Rey, la forçant à interrompre brièvement son discours.

La socialiste venait de commencer à parler devant 10'000 personnes réunies sur la Bürkliplatz, près du lac de Zurich, lorsque des autonomistes de gauche se sont mis à l'insulter bruyamment. Elle les a invités à monter à la tribune s'ils avaient quelque chose à dire, a constaté un journaliste de l'ATS sur place.

La conseillère fédérale s'est étonnée de leur réaction. Alors que des personnes sont mortes pour la liberté d'expression dans plusieurs pays arabes, «je ne comprends pas qu'en Suisse, on ne puisse pas émettre des critiques en présence de la présidente de la Confédération», a-t-elle dit avant de quitter la tribune.

Les organisateurs des discours ont réussi à confisquer le mégaphone des anarchistes. Ils ont modifié l'ordre de passage des orateurs et on fait parler d'abord l'Allemand Gregor Gysi, président du groupe «Die Linke» au Bundestag, qui s'est exprimé pour une sortie du nucléaire. Après cette intervention d'une quinzaine de minutes, Micheline Calmy-Rey a pu reprendre son discours.

Opposition au nucléaire

Comme bon nombre d'orateurs, la socialiste a évoqué la question de l'atome. Depuis la catastrophe au Japon, l'appel pour des solutions alternatives est toujours plus pressant, a-t-elle estimé. Contrairement à ce qu'affirment les journaux dominicaux, il existe au Conseil fédéral une majorité en faveur d'une sortie du nucléaire, selon Micheline Calmy-Rey.

A Schaffhouse, l'ancien président du parti socialiste Hans-Jürg Fehr a demandé au canton de dire enfin au conseil d'administration du groupe Axpo, l'exploitant de plusieurs centrales, de renoncer à en construire de nouvelles. Plusieurs sites potentiels d'entreposage des déchets radioactifs sont prévus dans le canton.

A Genève, les Verts, dont le président du parti Ueli Leuenberger, ont marché pour la création d'emplois verts et l'arrêt des centrales nucléaires en Suisse. Une demande également formulée par l'association antinucléaire genevoise Contratom.

Pour une justice salariale

Tout au long du week-end, le parti socialiste (PS) et l'Union syndicale suisse (USS) ont dénoncé les privilèges de quelques «super- riches». La Suisse se porte bien, mais seule une minorité profite de cette prospérité, a affirmé le président du PS suisse Christian Levrat à Bâle, Brugg (AG) et Winthertour.

Pour le président de l'USS Paul Rechsteiner, presque aucun pays ne connaît une répartition de la richesse aussi inégalitaire. En 1997, les 4,3% les plus riches de Suisse possédaient une fortune égale au reste de la population. Dix ans plus tard, 2,2% «super- riches» détenaient la même fortune que les 97,8% restant, a-t-il déclaré à St-Gall.

L'USS indique que plus de 66'000 personnes ont signé son initiative populaire qui demande un salaire minimum de 22 francs l'heure ou 4000 francs par mois. Il en faut 100'000 pour que le texte aboutisse.

Ce texte a aussi été à l'ordre du jour dans les villes romandes. A Lausanne, ils étaient 500 à réclamer notamment un salaire minimum «immédiatement». A Genève, les citoyens voteront sur le sujet cet automne, puisqu'une initiative similaire a abouti dans le canton. Le cortège qui a rassemblé environ 700 personnes dans la Cité de Calvin était aussi placé sous le signe de l'égalité salariale entre femmes et hommes.

Plus de 500 arrestations à Zurich

Les défilés se sont déroulés dans une ambiance bon enfant et sous le soleil à Zurich, Bâle, Lausanne et Genève. Dimanche en fin de journée, seuls quelques incidents mineurs, dont l'incendie de quelques conteneurs, avaient été signalés à Zurich.

La ville alémanique, qui est souvent le théâtre de heurts lors de la fête du travail, a mis cette année en place un dispositif policier important. Plus de 500 personnes ont ainsi été arrêtées dans le centre afin d'éviter tout débordement, a annoncé la police zurichoise lors d'une conférence de presse dimanche soir.

(ats)

Défilé à Berne

Quelque 1000 personnes ont défilé dimanche en ville de Berne à l'occasion de la fête du travail. Une petite confrontation entre quelques hommes masqués et la police en marge du cortège n'a pas entamé l'ambiance bon enfant.

Les manifestants étaient cette année venus plus nombreux que l'an dernier. Le défilé a commencé sur la Bärenplatz et s'est déplacé en direction du Palais fédéral. Environ 300 individus habillés de noir et liés aux mouvements alternatifs se sont pour leur part rendus en direction du centre culturel de la Reitschule.

Une altercation a eu lieu lorsque quelques personnes masquées ont lancé des pierres et des cannettes de bières en direction de la police et que cette dernière a répliqué en tirant des balles en caoutchouc. Mais l'incident n'a pas duré.

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