Actualisé 14.12.2011 à 08:40

Berne

Micheline Calmy-Rey prend congé du Parlement

Micheline Calmy-Rey quitte la présidence de la Confédération qu'elle aura occupée deux fois.

Micheline Calmy-Rey a avant tout évoqué ses neuf ans passés aux affaires étrangères en prenant congé mercredi du Parlement.

Durant une quinzaine de minutes, en français et en allemand, elle a livré un plaidoyer en faveur du rôle de la Suisse dans le monde et de sa manière de le tenir. Avec sa devise: discuter avec tout le monde, les plus grands si possible, qui ne sont pas forcément ceux d'hier, a-t-elle précisé en évoquant l'Inde ou la Chine.

Micheline Calmy-Rey est convaincue que le monde multipolaire et globalisé d'aujourd'hui offre d'importants défis mais avant tout une énorme chance à la Suisse. Pour faire valoir ses intérêts, elle doit renforcer sa présence internationale. «Qui reste en marge, passif, affaiblit nos intérêts nationaux. Il limite notre influence et nos possibilités», a déclaré la ministre des affaires étrangères.

Avec plusieurs centres de décision et des problèmes globaux que même le pays le plus puissant de la planète ne peut résoudre à lui seul, l'environnement international offre aujourd'hui de meilleures conditions à la Suisse de faire entendre sa voix qu'au temps de la guerre froide. Elle doit s'y prendre de manière multilatérale, en prenant langue avec tous les acteurs.

Audace, courage et ouverture

Micheline Calmy-Rey a tiré un parallèle entre 1848 et nos jours. Quand la Suisse moderne a été créée, le continent vivait de grands désordres. Elle a alors fait preuve d'audace, de courage et d'ouverture en décidant de regarder l'avenir avec sérénité et de saisir sa chance. Le monde connaît aujourd'hui à nouveau de violentes turbulences et la Suisse doit retrouver ce courage pour croire en l'avenir.

C'est ce que la ministre des affaires étrangères s'est efforcée de faire tout au long de ses neufs ans passés dans ce seul département, rappelant les principaux axes de sa politique. En raison de l'évolution des dernières années, la politique extérieure de la Suisse est cependant menacée de blocage, a-t-elle reconnu.

Avec l'UE, «nous sommes naturellement confrontés à une série de questions auxquelles nous n'avons pas encore de solution, a précisé la ministre soulignant la difficulté de préparer les discussions à venir. Le Conseil fédéral dispose toutefois d'une stratégie qui ouvre la voie à une nouvelle ronde de négociations bilatérales et à un dialogue sur l'application des accords conclus jusqu'à présent.

La conseillère fédérale a été vivement applaudie par les parlementaires fédéraux, debout, au terme d'une allocution de «femme d'Etat», comme l'a dit Hans Altherr, le président de l'Assemblée fédérale. (ats)

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!