5,44 mds d'euros: Microsoft rachète les téléphones de Nokia
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5,44 mds d'eurosMicrosoft rachète les téléphones de Nokia

L'équipementier en télécoms finlandais Nokia va céder son activité téléphones portables au groupe informatique américain Microsoft pour un prix total de 5,44 milliards d'euros.

Le spécialiste des télécommunications finlandais jette l'éponge dans un secteur dont il fut longtemps numéro un mondial. Cette acquisition coûte 5,44 milliards d'euros (6,7 milliards de francs) au géant américain de l'informatique.

Nokia va désormais se concentrer sur les activités de services et la construction de matériels pour opérateurs de réseaux, a-t-il indiqué mardi. Cette décision est le «meilleur chemin pour aller de l'avant, à la fois pour Nokia et pour ses actionnaires», selon son président Risto Siilasmaa, cité dans le communiqué.

Nokia avait finalisé en août le rachat des 50% de Nokia Siemens Networks, spécialisé dans les réseaux haut-débit, détenus par l'industriel allemand Siemens, afin de développer cette activité, désormais considérée comme vitale.

Guerre des concurrents

De son côté, Microsoft va pouvoir «intensifier ses succès dans les smartphones», a annoncé son patron Steve Ballmer lors d'une conférence téléphonique. Microsoft suit ainsi les traces de son grand rival internet Google qui a déjà investi dans le «hardware», en achetant le fabricant de téléphone américain Motorola.

La transaction devrait être finalisée au premier trimestre de l'an prochain, après accord des actionnaires et des autorités de régulation.

La décision a été plébiscitée par les investisseurs qui ont propulsé l'action du groupe de plus de 45% à l'ouverture de la Bourse d'Helsinki. Il s'agit de la deuxième plus grosse acquisition réalisée par Microsoft, après celle de Skype en mai 2011 pour 8,5 milliards de dollars.

Nouveau patron

Nokia a également annoncé le départ de son directeur général Stephen Elop, qui sera remplacé temporairement par M. Siilasmaa. Le Canadien doit revenir chez son précédent employeur, Microsoft, au moment où celui-ci cherche un successeur à Steve Ballmer.

Selon un communiqué publié séparément par Microsoft, le prix payé se décompose en 3,79 milliards d'euros pour l'activité téléphones portables et en 1,65 milliard pour obtenir le droit d'utilisation des brevets du groupe finlandais. Le gain net de la transaction va être de 3,2 milliards d'euros, un montant très favorable pour les actionnaires de Nokia, selon l'entreprise.

Quelque 32'000 employés de Nokia passeront chez Microsoft, dont environ 4700 pour la seule Finlande. Selon M. Siilasmaa, la vente va «clairement renforcer la position financière» du groupe et donner «une base solide pour l'investissement dans les activités de Nokia dans l'avenir», a-t-il dit lors de la conférence téléphonique.

Plusieurs candidats

Les spéculations sur la vente de Nokia étaient vives depuis des mois, et la presse et les analystes avaient fait état de plusieurs autres candidats, entre autres le chinois Huawei et le fabricant de PC chinois Lenovo. Nokia a dominé le marché des téléphones portables pendant 14 ans, jusqu'à ce que Samsung le détrône en 2012 comme marque la plus vendue du monde.

Dépassé surtout dans les smartphones par Apple (iPhone) et Samsung, la société finlandaise avait, avec Stephen Elop à sa tête, basé toute sa stratégie sur l'alliance avec Microsoft passée début 2011.

Depuis, les ventes des téléphones portables bas de gamme de Nokia ont entamé leur inexorable déclin. Au deuxième trimestre, cette baisse a continué, en valeur (-39%) comme en nombre, tandis que dans les smartphones les ventes ont plongé de 24% par rapport à un an auparavant.

Les ventes de Lumia, le «smartphone» de la «dernière chance» reposant sur le système d'exploitation de Microsoft, ont atteint 7,4 millions d'appareils au deuxième trimestre, peinant à convaincre les analystes du secteur.

Microsoft rassurant

Pour la Finlande, Nokia a une importance particulière, étant la plus grande société du pays. M. Ballmer a voulu rassurer les employés finlandais, qui vont devenir des salariés de Microsoft.

«Nous n'avons pas de plans significatifs de relocaliser les postes de travail dans le monde dans le cadre de la fusion», a commenté M. Ballmer pendant sa conférence téléphonique. «Nous reconnaissons le rôle de Nokia ici», a-t-il affirmé. (afp)

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