Lausanne: «Mieux coordonner la distribution alimentaire»

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Lausanne«Mieux coordonner la distribution alimentaire»

Les Cartons du cœur ferment pendant un mois. Les autres structures d'aide craignent un afflux. La Ville veut une meilleure coordination.

par
Mirko Martino
«Sur chaque carton distribué, 30% des coûts sont administratifs, indique Oscar Tosato. C'est trop.»

«Sur chaque carton distribué, 30% des coûts sont administratifs, indique Oscar Tosato. C'est trop.»

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Le récent cri d'alarme des Cartons du cœur de Lausanne et les 6'300 francs versés par la Ville pour renflouer leurs comptes n'ont pas suffi: l'association suspend provisoirement ses activités. Ellia Meylan, sa responsable et seule employée à 50%, s'est inscrite au chômage. «Nous avons reçu des dons, mais pas assez pour finir l'année, confie-t-elle. On ferme en juin pour repenser le fonctionnement et trouver des solutions et surtout des fonds.»

Du coup, les autres structures d'aide alimentaire redoutent un afflux. «A la Soupe populaire, nous sommes passés de 140 à plus de 220 repas par soir depuis 2012, indique Yan Desarzens, directeur de la fondation Mère Sofia, dont elle dépend. Là, ce sera une pression supplémentaire.»

«Nous ne pourrons pas intervenir à chaque fois, précise Oscar Tosato. Il y a un problème de fonctionnement.» Municipal chargé de la cohésion sociale, il rappelle que la Ville investit chaque année 1,4 million de francs dans l'aide en nourriture, notamment à travers la centrale alimentaire régionale, fournisseur principal des Cartons du cœur. «Il faut mieux coordonner le travail entre les différentes entités», note l'élu socialiste. Son appel ne laisse pas insensible Yan Desarzens: «C'est le moment de tous s'asseoir autour d'une table afin de trouver des solutions pour réduire les charges.»

Nouvelle structure en 2020

Les locaux qui accueillent notamment la Soupe populaire à la rue Saint-Martin vont prochainement être détruits afin de laisser la place à un nouveau bâtiment en 2020. D'ici là, la fondation Mère Sofia va devoir trouver un autre lieu pour ses activités. «Pour l'instant, nous cherchons le financement pour le déménagement durant la phase de travaux», précise Yan Desarzens. Pour Ellia Meylan, l'espoir est d'obtenir un local gratuit dans le nouveau bâtiment. «Mais d'ici là, comment faire?», s'interroge-t-elle.

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