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Suisse Mieux intégrer les immigrés défavorisés

La Suisse peut mieux faire en matière d'intégration des immigrés dans le monde du travail, selon l'OCDE.

Le taux d'emploi des immigrés est plus élevé en Suisse que dans les autres pays de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), selon une étude publiée mardi. Mais certains groupes vulnérables, comme les jeunes mères, les enfants de parents peu instruits et les migrants humanitaires récemment arrivés, pourraient être mieux intégrés sur le marché du travail.

En Suisse, trois quart des immigrés ont un emploi et 27% de la population en âge de travailler est née à l'étranger, constate l'OCDE. Ces bons résultats s'expliquent par le faible taux de chômage et le fait que la plupart de ces personnes viennent de pays voisins à revenu élevé.

Détériorations

Mais «à de nombreux égards, les politiques d'intégration de la Suisse restent en deça de celles menées par les autres pays de l'ODCE».

«La situation est en train de se détériorer pour certains groupes», a souligné devant les médias à Berne Yves Leterme, secrétaire général adjoint de l'OCDE. Ces personnes représentent certes une minorité de la population migrante, mais des mesures doivent être prises pour éviter qu'elles soient laissées pour compte.

«Prévoir l'employabilité des migrants est primordial pour que ces personnes soient mieux acceptées dans leur pays d'accueil», a dit l'ancien premier ministre belge. Et de présenter plusieurs recommandations à l'intention des pouvoirs publics.

Aucune stratégie

Des initiatives doivent être prises pour que les jeunes mères venant de pays à faible revenu aient un meilleur accès à la vie professionnelle. Leur participation au marché du travail semble avoir diminué ces dernières années.

Il en va de même pour les migrants humanitaires récemment arrivés en Suisse (réfugiés et personnes admises à titre provisoire). Des programmes visant leur intégration sur le marché du travail devraient être introduits de façon plus générale, comme c'est le cas dans d'autres pays.

Pour ces deux groupes, le Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO) n'a aucune stratégie claire, a admis Serge Gaillard, chef de la direction du travail du SECO.

Discriminations

Les enfants dont les parents immigrés sont peu instruits se retrouvent souvent en marge du marché du travail après la fin de la scolarité obligatoire. L'OCDE recommande à la Suisse de suivre l'exemples des pays nordiques en leur proposant de débuter l'école dès l'âge de trois ans, avec des mesures éducatives ciblées, notamment linguistiques.

Yves Leterme a aussi souligné le retard de la Suisse en ce qui concerne la lutte contre les discriminations. Ainsi, les enfants d'immigrés ont cinq fois moins de chances d'être convoqués pour un entretien d'embauche que les Suisses, à CV équivalent.

Diplômes et naturalisation

Autre recommandation de l'OCDE: les diplômes étrangers doivent être mieux reconnus afin que les migrants en provenance de pays non membres de l'OCDE n'occupent pas un emploi pour lequel ils sont surqualifiés. Ces derniers sont 45% à avoir un travail qui correspond à leurs capacités académiques, contre 72% de Suisses.

De même, l'accès à la nationalité suisse doit être facilitée. A ce titre, le projet de réforme de loi sur la citoyenneté va dans le bon sens, estime l'OCDE.

Les politiques à l'intérieur du pays doivent être mieux coordonnées pour que l'intégration des migrants soit meilleure, conclut le rapport. «Malgré le fédéralisme, un socle commun est nécessaire», a estimé Yves Leterme.

«Nous pouvons largement souscrire à ces résultats», a affirmé Mario Gattiker, directeur de l'Office fédéral des migrations (ODM). Et de rappeler que le Conseil fédéral a mis en consultation une révision de plusieurs lois pour mieux intégrer les étrangers. Ce projet prévoit notamment des normes minimales valables pour tous les cantons.

(ats)

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