Actualisé 26.08.2009 à 11:31

Conférence sur le climat

Mieux prévoir pour mieux s'adapter

Plus de 1500 experts et décideurs de 150 pays se retrouvent lundi à Genève pour la troisième conférence mondiale sur le climat.

Jusqu'à vendredi, ils discuteront du renforcement du système d'observation du climat et de stratégies d'adaptation plus efficaces.

Mieux prévoir pour mieux s'adapter: le secrétaire général de l'Organisation météorologique mondiale (OMM) Michel Jarraud a résumé ainsi mercredi devant la presse les objectifs de la réunion.

Au-delà de Copenhague

La conférence de Genève décidera de mesures qui «iront au-delà de la conférence de Copenhague», a-t-il expliqué. Si, en décembre à Copenhague, les gouvernements doivent se mettre d'accord sur des réductions des émissions de gaz à effet de serre, à Genève, ils chercheront à limiter les risques économiques et humains liés au changement climatique.

«J'espère toujours qu'un accord substantiel sera conclu à Copenhague, malgré des négociations très difficiles. Mais que nous arrivions ou non à limiter à deux degrés le réchauffement de la planète au cours du siècle, il faudra prendre des mesures d'adaptation au changement climatique», a dit M. Jarraud.

Qu'il s'agisse de la hausse du niveau des mers, de la fonte des glaciers, des sécheresses, ouragans et inondations plus fréquents, ou de la propagation de certaines maladies, des mesures de prévention permettent de sauver des vies et de réduire les pertes occasionnées par les dégâts matériels, a souligné le patron de l'OMM.

Investir un milliard de plus

L'observation scientifique du climat a fait de grands progrès ces dernières années, mais il reste des zones d'ombre et beaucoup d'inconnues. Il faudrait un milliard de dollars supplémentaires par an pour compléter le réseau d'observation au niveau local, notamment en Afrique, a indiqué le responsable.

«Les observations scientifiques ne sont souvent pas utilisées correctement par les décideurs politiques et économiques. C'est un point faible auquel il faut remédier», a relevé aussi Michel Jarraud.

Les dirigeants politiques réfléchissent à un horizon de cinq à dix ans, alors que les scientifiques font des prévisions sur une échelle de 50 à 100 ans. «Il faut arriver à réconcilier ces deux horizons», a affirmé M. Jarraud.

«S'il y a une meilleure compréhension des problèmes posés par l'évolution du climat, les observations ne sont pas utilisées de manière optimale», a constaté le secrétaire général de l'OMM. Près de 90 % des catastrophes naturelles sont liées à des phénomènes climatiques.

Ouverte par Hans-Rudolf Merz

La conférence sera ouverte lundi par le président de la Confédération Hans-Rudolf Merz. Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon prendra la parole jeudi ainsi que le conseiller fédéral Moritz Leuenberger et Rajendra Kumar Pachauri, président du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC).

Dix-neuf chefs d'Etat et de gouvernement ainsi que plus de 60 ministres ont confirmé leur venue. Outre MM. Merz et Leuenberger, les directeurs de l'Office fédéral de l'environnement (OFEV) Bruno Oberle et de l'Office fédéral de météorologie et de climatologie Daniel Keuerleber représenteront la Suisse.

Une vingtaine de pays ont versé des contributions pour couvrir le coût de la conférence, soit 4,5 millions de francs. Les Etats-Unis ont donné 500 000 dollars, une preuve de leur engagement renouvelé sur le front climatique.

(ats)

Historique

La conférence mondiale sur le climat qui s'ouvre lundi est la troisième rencontre de ce type organisée par l'Organisation météorologique mondiale (OMM). La première a eu lieu en 1979 et la deuxième en 1990.

La première rencontre a eu lieu en 1979. Elle a lancé un porgramme de recherche sur le climat et contribué à la création du Groupe d'experts intergouvernemental sur le climat (GIEC). Les rapports successifs de ce groupe ont permis de prouver l'accélération du réchauffement de la planète ces 20 dernières années et son origine humaine.

Lors de la deuxième édition en 1990, la création d'un système mondial d'observation du climat a été décidée. La conférence avait discuté des principes de la Convention de l'ONU sur les changements climatiques, débattue lors du sommet de l'environnement à Rio de Janeiro en 1992 et entrée en vigueur en 1994. /ats

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