Actualisé 25.10.2010 à 15:34

ApprentissageMieux valoriser la formation supérieure

La valeur de la formation professionnelle supérieure est souvent méconnue, alors que les titres obtenus permettent d'accéder à des responsabilités techniques et de conduite.

Réunie par la présidente de la Confédération et cheffe du Département de l'économie Doris Leuthard, la 6e Conférence sur les places d'apprentissage s'est tenue lundi à Bienne. Elle a réuni le président de l'Union suisse des arts en métiers Bruno Zuppiger, le directeur de l'Union patronale Thomas Daum, le président de l'Union syndicale Paul Rechsteiner et la présidente de la Conférence des directeurs cantonaux de l'instruction publique Isabelle Chassot.

Décision a été prise de mieux valoriser la formation professionnelle supérieure qui ne bénéficie pas de la même estime dans la société qu'un cursus académique.

Deux jeunes sur trois

Les représentants de la Confédération, des cantons et des organisations du monde du travail sont d'accord: le système suisse de la formation professionnelle n'est pas un «modèle périmé», puisque deux jeunes sur trois s'engagent sur cette voie.

En 2009, 28'000 diplômes et brevets de la formation professionnelle supérieure ont été délivrés. Au niveau national et international leur valeur est toutefois souvent méconnue. En raison des différences entre les systèmes de formation, il est difficile de les classer conformément à leur valeur.

Les participants à la conférence ont donc pris quatre mesures concrètes pour mieux faire connaître la formation professionnelle supérieure et rendre ses titres comparables au niveau international.

La première mesure consiste à créer un «cadre national des certifications» permettant de classer tous les diplômes suisses dans un système à huit niveaux et de les rendre ainsi comparables avec les autres diplômes européens.

Feuille explicative en anglais

La deuxième mesure prévoit de rendre les diplômes suisses plus clairs en y joignant un «diploma supplement». Comme les titres des hautes écoles, ceux de la formation professionnelle supérieure seront accompagnés à l'avenir d'une feuille en anglais décrivant les qualifications acquises. Cette mesure permet d'augmenter la mobilité sur le marché du travail et au sein du système international de formation.

La troisième mesure vise à renforcer les avantages et les particularités du système suisse de formation professionnelle par le biais d'une collaboration internationale plus active. Il est prévu d'intensifier la collaboration avec les pays dont le système de formation est dual, comme l'Allemagne, l'Autriche, le Danemark ou le Luxembourg, et dans le cadre de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

Actions d'information

Enfin, la quatrième mesure veut rendre les nombreux titres plus transparents aux yeux du marché du travail. Ceci se fera par le biais d'actions d'information en Suisse et à l'étranger.

Les participants ont aussi confirmé leur volonté de poursuivre les mesures existantes sur le marché des places d'apprentissage. Ils proposent par ailleurs d'augmenter la participation de la Confédération aux coûts de la formation professionnelle financés par les pouvoirs publics et de la faire passer le plus rapidement possible à la valeur de référence de 25% fixée par la loi.

(ats)

L'apprentissage, une base qui reste sûre

La formation professionnelle initiale a toujours autant d'importance sur le marché du travail. Même en période économique difficile, un apprentissage achevé est une protection non négligeable contre le chômage qui ouvre la voie vers des formations complémentaires.

Ce sont les conclusions auxquelles arrive le baromètre des jeunes arrivant sur le marché du travail après une formation professionnelle initiale. Cet instrument a été élaboré par le Moniteur suisse du marché de l'emploi de l'Université de Zurich.

Ce baromètre révèle qu'au cours des dernières années, l'offre d'emploi des entreprises a glissé vers des niveaux de qualification élevés. La formation, la formation continue et l'expérience sont devenues plus importantes qu'il y a dix ans pour réussir sur le marché du travail avec une formation professionnelle initiale.

Malgré le contexte économique tendu, la situation sur le marché des places d'apprentissage est restée stable. En août 2010, les entreprises ont attribué 83'000 places, contre 82'000 en 2009. Le 31 août 2010 (jour de référence), 7000 places étaient encore libres. Les entreprises espèrent en pourvoir encore 2500.

Le nombre total de places offertes (90'000) a augmenté de 3000 par rapport à l'année précédente. Il s'agit d'une année record depuis 2000, qui dépasse même le nombre atteint en 2008 (88'000). La «liste d'attente», soit les jeunes à la recherche d'une place pour 2011, a diminué de 14% à 13% par rapport à l'année précédente. Il s'agit d'environ 20'500 jeunes au total (2009: 21 000, 2008: 21'500).

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