Thônex (GE): Migrants: la sèche mise au point de l'Hospice général
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Thônex (GE)Migrants: la sèche mise au point de l'Hospice général

L'institution a répondu ce mercredi après-midi à la commune qui refusait d'accueillir 370 migrants.

par
Jérôme Faas
Le centre d'hébergement de l'Etoile, à la Praille, similaire à celui que l'Etat veut ériger à Thônex, notamment.

Le centre d'hébergement de l'Etoile, à la Praille, similaire à celui que l'Etat veut ériger à Thônex, notamment.

photo: Keystone/Salvatore di Nolfi

Thônex raconte n'importe quoi. En langage compréhensible, voici ce qu'a rétorqué ce mercredi après-midi l'Hospice général à l'une des quatre communes choisies pour accueillir un centre d'hébergement pour migrants. En début de matinée, le Conseil administratif de Thônex expliquait refuser d'entrer en matière. Faute de garanties, il n'entendait pas abriter 370 requérants d'asile. La municipalité exigeait de savoir combien de temps durerait cette installation présentée comme «temporaire». Elle désirait aussi que les coûts induits (scolarité, ramassage des ordures, sécurité) par cette présence soient partagés avec les autres communes et le canton.

L'Hospice général indique avoir donné «à plusieurs reprises» les informations requises. Il regrette ainsi que Thônex «refuse d'entrer en matière en invoquant des raisons qui ont pourtant fait l'objet d'explications réitérées».

Concernant la durée du temporaire, l'institution est claire: le bail sera limité à 10 ans. A son échéance, la construction modulaire sera démontée et l'Hospice général «cherchera une nouvelle implantation pour celle-ci».

Les dépenses induites, elles, devraient être minimales, expose l'Hospice. «Les frais directs pour la commune se limitent aux coûts relatifs à la levée des ordures.» Tout ce qui concerne l'écolage émargera au budget du Département de l'instruction publique. Quant à la sécurité, elle est assurée par des agents privés. «Sur les quatorze centres d'hébergements collectifs actuellement gérés par l'institution, aucun n'a nécessité un renfort d'effectif d'une police municipale.»

L'Hospice général précise par ailleurs que le canton réfléchit à une répartition des charges d'accueil entre toutes les communes. Celles n'ayant pas de centres d'hébergement sur leur territoire ont été approchées afin qu'elles participent financièrement aux programmes d'intégration. Une dizaine d'entre elles ont déjà accepté, annonce l'institution sociale.

Quatre "villages"

L'Hospice général veut créer en 2017 quatre centres d'hébergement pour migrants, pour un total de 1280 lits. Le but est de limiter le recours aux abris PC. Réalisés en containers sur le modèle de celui de l'Etoile, à la Praille, ces centres sont prévus à Onex (Morillon-parc), à Veyrier (Grands-Esserts), en Ville de Genève (Rigot) et à Thônex Belle-Idée). Tous devraient compter 370 couchages, à l'exception de celui d'Onex, plus petit, qui en abritera seulement 170.

Thônex persiste et signe

Philippe Decrey, conseiller administratif de Thônex, campe sur ses positions. "Lorsque l'on demande des garanties sur la durée d'implantation, financières notamment, l'Hospice général nous répond que ce n'est pas de son ressort, mais de celui du Conseil d'Etat. Or, celui-ci ne nous a jamais répondu." Quant au frais indirects, l'élu se dit certain qu'ils ne se limiteront pas à la levée des ordures. "En termes de sécurité, par exemple, nous devrons forcément engager nos correspondants de nuit." Et de constater, satisfait, que l'annonce de sa commune "fait bouger les choses".

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