Suisse: Migrants: trop d'obstacles pour accéder aux études

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SuisseMigrants: trop d'obstacles pour accéder aux études

Un élu veut revoir les conditions d'admission dans les hautes écoles, qui, plutôt pour, s'en tiennent toutefois à leurs exigences.

par
David Maccabez
Les universités disposent déjà d'une offre pour les étudiants étrangers.

Les universités disposent déjà d'une offre pour les étudiants étrangers.

Keystone/Gaetan Bally

La guerre interrompt le cursus de nombreux étudiants. Ceux qui trouvent refuge en Suisse et souhaitent le reprendre se heurtent à des barrières, que le conseiller national Mathias Reynard (PS/VS) veut faire tomber.

Dans une motion déposée mercredi, il souligne la difficulté de faire reconnaître leurs diplômes ou d'atteindre le niveau linguistique requis. De plus, certains, dans leur fuite, n'ont pas emporté les papiers nécessaires. Il souhaite donc que le Conseil fédéral travaille avec les hautes écoles et les cantons à leur rendre la vie plus facile. Certains établissements, comme les Universités de Genève et de Fribourg intègrent déjà des réfugiés en tant qu'auditeurs, mais l'élu veut aller plus loin et «leur ouvrir les portes d'une vraie formation».

Sur le fond, les institutions sont d'accord. En revanche, «il n'est pas question d'être plus coulant sur les diplômes étrangers ou les exigences», relève Fabien Greub, porte-parole de l'Université de Neuchâtel (Unine). Elles tiennent particulièrement aux tests d'entrée, qui assurent que le candidat dispose du niveau suffisant pour profiter de l'enseignement. Il n'y a guère qu'à Lausanne, qui l'uni se dit prête à «être plus souple dans la reconnaissance des diplômes». En ce qui concerne la langue, l'offre existe un peu partout. L'Unine prévoit, par exemple, d'accueillir cet été trois migrants dans ses cours de français destinés aux étudiants étrangers.

Les réfugiés doivent pouvoir bouger

La motion de Mathias Reynard soulève un autre problème de taille pour les réfugiés: leur liberté de mouvement est limitée. Les requérants admis provisoirement sont attribués à un canton, qu'ils ne peuvent quitter que difficilement. Ainsi, un migrant qui souhaiterait déménager pour étudier doit faire une demande auprès du Secrétariat d'état aux migrations. Un recours n'est possible que pour préserver l'unité de la famille. L'élu demande un assouplissement du système.

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