«Migros, évidemment»

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«Migros, évidemment»

«Dutti – Monsieur Migros». Pour la
première fois, le cinéma s'intéresse à Gottlieb Duttweiler, le père de l'empire Migros.

Que serait la Suisse sans Monsieur Migros? A en croire Martin Witz, bien peu de choses. Gottlieb Duttweiler, alias Dutti, est un jeune entrepreneur plus qu'ambitieux. Un jour, dans son souci de soutenir la ménagère mais aussi de s'enrichir, il décide de faire venir l'épicerie directement chez le consommateur.

Ainsi, en 1925, il envoie des camions chargés de marchandises parcourir les villages suisses alémaniques. Le succès est immédiat. Toute une colonie d'épiceries de quartier se voit contrainte de baisser les stores. Mais que diable! Le «capital social» à la sauce Dutti est né.

Puis vient l'idée d'importer les supermarchés à l'américaine. Resuccès. Fort de cette réussite, celui pour qui la pensée première est de soutenir une économie libre sans pour autant appauvrir les plus faibles, se lance dans la politique. Il crée son propre parti. Dutti est à Berne. Au cœur de l'économie et de la politique, il place ses pions dans la presse. Puis se tourne vers le cinéma. Il se fait producteur.

Martin Witz, qui signe ici sa première réalisation cinématographique, expose la vie d'un homme qui finit par se prendre à son propre piège, ses idéaux de départ lui ayant échappé avec les années. La réalisation est délicate, les sons et images inédites passionneraient presque.

Mais qu'en est-il de cette couche de la population qui n'avait pas forcément pour ambition de se faire happer par le grand Gottlieb? Il aurait été intéressant d'entendre ceux qui n'ont pas adhéré à la philosophie du boss. L'homme a beau finir par se contredire lui-même, ce n'est qu'à travers son regard souvent froid et parfois dur que l'on se fera une idée de ce que cela pouvait être de vivre sous l'égide de Migros.

Winnie Covo

Documentaire de Martin Witz **

Documentaire de Martin Witz **

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