Zurich: Migros scrute sa clientèle dans ses moindres gestes
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ZurichMigros scrute sa clientèle dans ses moindres gestes

Le géant orange teste actuellement, dans l'une de ses succursales zurichoises, un système de surveillance sophistiqué afin de mieux traquer les voleurs. Certains dénoncent un conflit avec la protection des données.

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20 minuten/cam
Keystone

Dès que les clients poussent la porte du magasin en question -dont le lieu n'est pas révélé-, des caméras «intelligentes» se mettent à suivre leur parcours entre les rayons. Migros teste actuellement l'utilisation de ces caméras afin de pouvoir mieux appréhender les voleurs, rapporte samedi la «Schweiz am Wochenende».

Sur la base d'enregistrements vidéo, un logiciel peut détailler les déplacements des clients en fonction de caractéristiques comme la couleur des cheveux, la taille corporelle, les vêtements ou encore le sexe, mais pas la couleur de la peau. L'objectif est de pouvoir déterminer à combien de reprises et pendant quelle durée un client se trouvait dans la succursale lorsqu'un vol a été suspecté. Grâce aux caméras, il devrait également être possible de déterminer si l'individu en question a agi seul ou en groupe.

Les clients ne sont toutefois pas explicitement informés que de nombreuses caméras surveillent tous leurs faits et gestes. Selon le porte-parole de Migros Francesco Laratta, cela n'est effectivement pas le cas car «l'analyse ne s'applique qu'à des événements individuels et en utilisant des données déjà enregistrées.» Et dans toutes les succursales, il existe un système de vidéosurveillance, certes plus basique, rappelle le porte-parole. Les analyses en direct d'enregistrements ne sont en revanche pas possibles.

«Régulièrement» effacées

Le préposé fédéral à la protection des données et à la transparence a, lui, une vision critique de l'ensemble de ce procédé. Il doit être clairement communiqué aux clients qu'ils sont davantage scrutés que par une seule caméra de surveillance, explique un porte-parole. Il s'agit dans ce cas d'une situation particulière, car «des données biométriques sont analysées et des clients sont suivis à la trace dans l'ensemble du magasin». Et ce n'est qu'en étant au courant de cette pratique qu'ils peuvent exiger que les images les concernant soient supprimées.

Le porte-parole de Migros souligne que cette nouvelle méthode d'analyse n'est utilisée qu'en cas de vol. En principe, toutes les images sont automatiquement effacées en l'espace d'une semaine, un procédé valable dans toutes les succursales. En cas de suspicion justifiée, les images doivent alors être sauvegardées manuellement.

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