Consommation: Migros va noter ses produits en termes de durabilité
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ConsommationMigros va noter ses produits en termes de durabilité

Le géant orange veut être plus transparent sur le poids écologique de ses produits. Il lance deux échelles de notation, l’une pour le bien-être animal, l’autre sur le bilan CO₂. «Mieux que rien», juge un spécialiste.

par
Pauline Rumpf
Déjà 200 produits portent leur note en bien-être animal et durabilité, annonce le distributeur.

Déjà 200 produits portent leur note en bien-être animal et durabilité, annonce le distributeur.

Migros

Plus de clarté en faisant ses courses: voilà le but de Migros, qui notera progressivement tous les produits de ses marques avec une échelle d’une à cinq étoiles au niveau de leur impact écologique et du respect de l’animal au cours de la production. Les notes seront calculées par l’entreprise d’écobilans Treeze, la fondation MyClimate et la Haute École des sciences agronomiques (HAFL). L’idée n’est pas d’être parfaits, mais d’être transparents, indique le géant orange. Par exemple, la viande de bœuf ne recevra jamais plus que la note minimale car, même produite dans les meilleures conditions, elle reste très lourde pour le climat.

«Les calculs semblent fiables, donc c’est déjà un bon premier pas par rapport à ce qui se fait ailleurs, et il sera toujours temps d’affiner par la suite, estime Sébastien Humbert, expert en durabilité chez Quantis, qui pratique aussi les écobilans. Le problème de ce type d’échelle, c’est qu’elles gomment les proportions réelles dans lesquelles certains produits sont pires que d’autres. Par exemple, un produit peut avoir généré 100x plus de CO2 qu’un autre, sans que cela soit visible pour le consommateur.»

La viande n’est jamais vraiment durable

L’expert rappelle que les labels essentiels existent déjà, notamment le bio, qui, pour simplifier, devrait représenter la norme pour un produit respectueux de l’environnement, plus que la provenance. Concernant le bien-être animal, les éléments les plus importants comme l’élevage en plein air ou au sol sont aussi déjà inscrits sur les produits. Quant à la question fondamentale du bien-être d’un animal d’élevage, exploité pour son lait, ses œufs ou sa viande, il s’agit plus de philosophie que de science, estime-t-il.

Sébastien Humbert ajoute que, avant de choisir quelle viande ou quel lait mettre dans son panier, il faut réfléchir à sa composition globale. «Chaque kilo de viande, notamment importée, remplacé par une protéine d’origine végétale, comme les petits pois, est un bienfait pour la planète. Et puis, comparer un demi-litre de lait et un demi-kilo de fromage est un peu loin de la réalité des appétits.»

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